BASSE-NORMANDIE CENTRE DE STOCKAGE DE LA MANCHE (CSM) VI. PROBLÈMES Terrain Le CSM est situé sur un terrain marécageux, les Hauts-Marais, où l’eau souterraine affleure presque la surface. Un document de l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) indique que la hauteur du toit de la nappe pourrait être à " moins de 1 ou 2 mètres du sol ", au moment du maximum de la nappe, ce qui serait au-dessus de certains déchets [CEA-IPSN 79]. L’Andra prétend que le CSM est étanche [Andra 93], mais n’a jamais techniquement démontré ce concept. De plus, l’Andra ne peut garantir que l’eau de la nappe phréatique n’inonde pas les déchets, étant donné son niveau élevé. Activité alpha Selon les calculs de l’Acro, réalisés à partir des données de l’Andra, l’activité alpha des déchets stockés à l’issue de la phase de surveillance serait de l’ordre de 568 MBq/t, alors que la RFS n° I.2. limite la teneur en émetteur alpha à 370 MBq/t. Toujours selon les données de l’Andra, WISE-Paris a montré que les déchets du CSM contiennent près de 100 kg de plutonium et près de 200 t d’uranium [Wise 95a]. La commission Turpin a constaté " un effet de désentreposage de déchets par les centres de Fontenay et de Valduc, les années précédant la mise en œuvre d’une nouvelle réglementation plus contraignante sur le taux alpha admissible » [Acro 99]. De plus, un document Andra reçu par l’Acro indique que des déchets contaminés en plutonium sont arrivés en quantité au CSM dans des colis périssables et non enrobés, jusqu’en 1994, juste avant la fermeture définitive du centre [Acron iii.96]. Tritium En ce qui concerne le tritium, l’Acro émet " les plus extrêmes réserves " quant au chiffre - de 1 270 000 GBq stockés donné par l’Andra. Ce chiffre est inférieur aux 1 850 000 GBq, " perdus dans le sous-sols " lors d’une fuite en 1976 [Acro 99]. Un document expédié anonymement à l’Acro après l’enquête publique signalait que le taux de tritium dans les nappes souterraines augmentait de façon continue dans de nombreux piézomètres depuis 1976 et que quand un piézomètre posait problème " il [était] bouché " [Acron iii.96]. La source principale du tritium dans l’eau des environs du CSM est la nappe phréatique, polluée en 1976, et le centre accroît continuellement cette contamination. Selon un rapport Andra, cité par l’Acro, " dès la mise en place de la couverture, on a mesuré du tritium dans son réseau de drainage sur et sous la membrane bitumineuse " [Acro 99]. Pour l'année 2005, l'Andra a annoncé une contamination au tritium maximale de 190 000 Bq/l sous le centre. Selon l'Andra, les autres relevés concernant le tritium sous le centre allaient de 100 Bq/l à 24 000 Bq/l. L'Andra a estimé la contamination moyenne de l'eau sous le centre à 6240 Bq/l. En 2007, selon l'Andra, la contamination moyenne sous le centre était de 5392 Bq/l. L'Acro a convenu en 2006 que, dans l'ensemble, la contamination au tritium avait baissé. Cependant, elle a noté que les trois cours d'eau des environs, le Roteures, la Ste Hélène et le Grand Bel, étaient tous contaminés à des niveaux compris entre une douzaine et plusieurs centaines de Bq/l et que le niveau de contamination le long d'un cours d'eau donné présentait des variations, avec généralement une hausse au niveau des resurgences [Acro 2006]. En 2007, les niveaux de tritium, bien que toujours en déclin grâce à la baisse naturelle du taux de tritium, n'étaient pas tombés en-dessous des niveaux notés par l'Acro. Métaux Le Centre stocke " 25 000 t de plomb métallique, 2 200 t de sulfate de plomb, 15 t de cadmium, 0,9 t de mercure " selon la commission Turpin. Ces métaux ne disparaîtront jamais. Déchets importés Malgré la loi du 30 décembre 1991 interdisant le stockage en France de déchets radioactifs importés [JO 1.i.92], la plupart des déchets dits de faible activité en provenance du retraitement dans UP2, y compris ceux en provenance du traitement des combustibles étrangers, de 1966 à 1990 se trouve sous la couverture du CSM [Wise 95a]. Entretien de la couverture et des canalisations Budget La surveillance projetée représente un budget de 12 à 13 millions de francs par an jusqu’à l’année 2300. M. Kaluzny, directeur de l’Andra, se demande lui-même : " Existe-t-il actuellement des instruments financiers garantissant de tels revenus sur trois cents ans ? " [LeMo 1.xi.95]. --actualisé 14.5.2009 --traduction Laurienne Bernard-Mazure Copyright© 2001-2007 by Yggdrasil; Copyright© 2008-2009 by EcoPerspectives |