BASSE-NORMANDIE LA HAGUE II. PRODUITS ET SOUS-PRODUITS DU RETRAITEMENT II.A. Produits que les producteurs d’électricité considèrent
comme réutilisables : plutonium et uranium Approximativement 95 % de la masse du combustible
irradié correspond à l’uranium et environ 1 % au plutonium, les autres
transuraniens pouvant représenter jusqu’à 0,1 %.
Les produits de fission représentent environ 4 % [Areva
TraitLH 08]. Le retraitement est destiné à séparer l’uranium et le
plutonium l’un de l’autre, ainsi que des produits de fission et des autres
transuraniens.
Cogema
a déclaré qu’elle récupérait 99,88 % de l’uranium et du plutonium
au cours du retraitement à La Hague [Wise 97).
Les 0,12 % non récupérés restent dans les déchets, essentiellement
dans la solution de produits de fission et de transuraniens.
Auparavant, le pourcentage qui n’était pas récupéré
était plus important. En
dehors de la quantité chiffrée de l’uranium et du plutonium mélangée avec
les déchets, il y a toujours dans une usine de retraitement une différence entre les quantités mesurées qui entrent et les quantités
mesurées qui sortent : on appelle celle-ci « l’écart définitif ».
A
La Hague, depuis 1977, tout le plutonium est transformé en PuO2. Le PuO2 est
conditionné dans des boîtes en inox d’une contenance de l’ordre de 3 kg
par boîte. Quatre
à cinq de ces boîtes sont mises dans des étuis soudés, puis les étuis sont
déposés dans des conteneurs étanches, qui sont eux-mêmes entreposés dans
BSI (UP3) et dans BST1 (UP2-400 mais utilisé par UP2-800) [Cogéma 92b]. Un
stockage prolongé du plutonium séparé réduit sa valeur énergétique par la
diminution de son contenu en isotopes fissiles, et augmente les problèmes de
radioprotection lors de sa manipulation. Le
plutonium 241 décroît avec une période de 14 ans en donnant par filiation de
l’américium 241, qui décroît par désintégration alpha en neptunium 237,
selon une période de 458 ans. L’américium 241 est un émetteur gamma très
puissant ; le neptunium 237 est un émetteur alpha avec une période de 2
millions d’années. Une
séparation de l’américium-241 du plutonium est possible, mais génère de
nouveaux déchets (voir Valduc) et coûte cher (entre 50 et 75 francs par gramme
de plutonium) [Bemdem 90]. L’uranium, sous forme de solution de nitrate d’uranyle,
d’ordinaire à 400 g/l, est entreposé dans l’atelier MAU dans UP2-400 et
dans l’atelier T5 dans UP3, qui peuvent permettre l’entreposage d’un
maximum de 1260 t d’uranium. Les
contrats de retraitement d’UP3 avec les clients étrangers prévoient le
stockage gratuit par Cogema du plutonium produit pendant une période de deux
mois. Si le client souhaite un stockage du plutonium à long
terme, il doit en avertir Cogema au moins quatre ans à l’avance et payer pour
l’entreposage.
Pour le nitrate d’uranyle, les contrats d’UP3 prévoient
le stockage gratuit pour une durée limitée à trois mois. Si
l’électricien souhaite un stockage prolongé, il doit le notifier à Cogema
au moins trois ans à l’avance [Wise 94a]. II.B. Effluents atmosphériques Les
effluents atmosphériques radioactifs proviennent de la dissolution du
combustible irradié, de la calcination des liquides de haute activité pendant
la vitrification, de l’air des systèmes d’aération des installations, et
probablement également des unités d’évaporation. Ils
sont rejetés dans l’environnement après décontamination partielle dans les
ateliers où ils sont produits. Depuis 2007, La Hague est autorisée à rejeter chaque année
les effluents gazeux ou aérosols radioactifs suivants :
150 TBq de tritium, 0,018 TBq d’iode radioactive, 470 000 TBq
de gaz rares radioactifs dont le krypton, 28 TBq de carbone 14, 0,001 TBq
d’autres émetteurs bêta et gamma artificiels, and 0,00001 TBq d’émetteurs
alpha artificiels [JO 10/01/07].
Un décret du 27 février 1984 autorisait le rejet annuel
de 2 200 000 GBq de tritium, 480 000 000 GBq de krypton 85,
110 GBq d’halogènes, et 74 GBq d’aérosols.
Une importante révision, notamment l’introduction
d’une limite sur le carbone 14, a été effectuée en 2003 et des
modifications mineures ont été apportées en 2007. En
2003, pour la première fois, des limites ont été fixées pour les rejets
atmosphériques de substances chimiques. Les
radioisotopes qui contribuent le plus à la radioactivité des effluents gazeux
sont : --le tritium. Moins
de 1 % du tritium présent dans le combustible irradié passe dans le gaz
de dissolution (environ 50 % restent piégés dans les coques ; le
reste passe sous forme d’eau dans la solution acide de dissolution) ; --le krypton 85 contenu dans le combustible irradié passe
en totalité dans les effluents gazeux ; --le
carbone 14 --l’iode 129. L’iode 129 présent dans le combustible
irradié est rejeté en quasi-totalité, mais seule une petite partie se trouve
dans les gaz de dissolution ; --des aérosols, notamment des fines particules d’uranium
et de plutonium. Le
tritium et le krypton 85 qui passent dans les effluents gazeux sont rejetés en
totalité.
Selon Areva, plus de 96 % de l’iode gazeux est
absorbé par des solutions sodiques qui sont ensuite diluées dans de l’eau
tritiée.
Le carbone 14 est absorbé en partie par des solutions
contenant de la soude qui sont ensuite diluées dans de l’eau tritiée.
La majeure partie de l’iode gazeux restant est piégée
dans des filtres conçus pour cet élément [ArevaSNR LH 08, p. 38].
Un système de filtration, d’une efficacité de 99,9 %
selon Areva, est destiné à piéger les aérosols. Les rejets d’effluents gazeux radioactifs déclarés par
Areva en 2008 ont été de 46,4 TBq of tritium ; 0,00714 TBq d’iode
radioactif ; 155 000 TBq de gaz rares, en particulier de krypton 85 ;
13,5 TBq de carbone 14 ; 0,0001 TBq d’autres émetteurs bêta et gamma,
and 0,0000018 TBq d’émetteurs alpha [ArevaSNR LH 08]. II.C. Effluents liquides --LES SOLVANTS ORGANIQUES.
Le traitement génère un diluant et un solvant à base de
TBP concentré, tous deux décontaminés. Ils sont réutilisés, ainsi qu’une
solution (environ 1 % du solvant de départ) qui contient presque toute
l’activité. Cette
dernière est traitée dans l’Atelier MDS (Atelier de minéralisation des
solvants), qui a été mis en service en 1998 près du bâtiment de stockage des
solvants usés de STE-3. Dans l’atelier MDS, le TBP usé, mélangé à 40 %
d’huiles usagées ou de diluant, est mélangé à de l’eau de chaux
contenant du magnésium, et est utilisé pour alimenter un réacteur à pyrolyse
dans lequel la chaleur permet l’évaporation de l’eau et du diluant, et
aboutit à une réaction chimique du TBP avec l’hydroxyde de magnésium. Ce
processus sépare ces produits en un flux gazeux d’une part (butène, butanol,
vapeur de dodécane, azote et vapeur), et des cendres d’autre part (un mélange
d’oxyde de magnésium et de phosphates). Les
cendres sont mélangées à du ciment, consolidées par une injection de ciment,
puis emballées dans des fûts pour être expédiées vers l’Andra, pour
enfouissement à faible profondeur. Les
gaz sont filtrés afin d’en séparer les fines poussières de phosphates de
magnésium et de magnésie. La
radioactivité reste présente dans les poussières. Les vapeurs sont incinérées et les effluents gazeux émis
par l’incinération épurés, filtrés et rejetés par une cheminée. Notre
source d’information ne précise pas ce qu’il advient des poussières. La
production prévue initialement pour l’atelier MDS est de 3 kg de TBP/heure
[Moulin 98]. Les
solvants considérés comme « très faiblement » ou « faiblement »
contaminés peuvent être envoyés à l’usine Centraco de Socodei, à Marcoule,
pour incinération.
Les cendres provenant de l’incinération sont conditionnées
dans du ciment et placées dans des châteaux métalliques pour transport
jusqu’à Soulaines [Socodei 07; ArevaSNR LH 08]. --LA SOLUTION ACIDE DE TRÈS HAUTE ACTIVITÉ comprenant les produits de fission et les transuraniens. Elle est concentrée par évaporation, stockée durant une
année afin d’en réduire l’activité, et ensuite vitrifiée avec d’autres
matières dans les ateliers R7 et T7. Cogema a vitrifié le stock liquide de produits de fission
provenant des combustibles REP retraités dans UP2 et UP2-400, en attente de
vitrification quand R7 a été mis en service. Actuellement,
les solutions sont vitrifiées au fur et à mesure. Les
déchets vitrifiés sont coulés dans des conteneurs en acier inoxydable,
d’une contenance de 150 litres. Chaque
atelier a la capacité de traiter 60 l/h de déchets et de produire 600
conteneurs soit 240 t (ou 90 m3) de verre par an.
R7 a une capacité d’entreposage de 4 500
conteneurs et T7 de 3 600 conteneurs. L’installation E-EV-SE, une extension modulaire de T7,
peut servir à entreposer 4 000 conteneurs sans augmentation de sa capacité
actuelle. Des
déchets vitrifiés sont également entreposés dans NPH.
Areva prévoit de construire une extension de E-EV-SE pour
2012 [NucF 3.xi.08]. À la fin de 2007, un total de 9 088 conteneurs, représentant
un volume de 1 488 m3 de déchets vitrifiés, a été entreposé à La
Hague [Andra 09, pp. 54 et 125].
En 2008, 793 conteneurs de déchets vitrifiés ont été
produits, et à la fin de l’année 9541 conteneurs de ce type étaient
entreposés à La Hague (certains ayant été envoyés à l’étranger) [ArevaSNR
LH 08]. Selon Cogema, ces déchets renferment 99 % de l’activité
des combustibles irradiés, mais représentent environ 3,5 % de leur masse
[Cogema 92b]. En
raison de la concentration de la radioactivité, une dose létale serait
atteinte à un mètre en moins d’une minute. La forte émission thermique de ces déchets impose un
stockage intermédiaire pendant au minimum 30 ans avant stockage définitif
[Wise 94a]. --LES EFFLUENTS ACIDES DE MOYENNE ET BASSE ACTIVITÉ.
La plupart sont traités puis réutilisés ou vitrifiés
selon leur niveau de radioactivité. --LES SOLUTIONS
BASIQUES.
Elles sont évaporées et les concentrés sont vitrifiés
avec les autres déchets de très haute activité. --LES AUTRES EFFLUENTS AQUEUX.
Ces effluents proviennent du traitement des effluents
gazeux, des piscines de stockage du combustible, des opérations diverses de
nettoyage, et des laboratoires. Avant la mise en service de STE3, STE1 et STE2 traitaient,
principalement par coprécipitation, les effluents provenant d’UP2. Les
boues produites dans STE2 étaient entreposées en vrac dans six cuves situées
dans cette installation. Selon l’Andra ces cuves contenaient encore 9 077 m3
de boues, représentant 0,12 EBq, à la fin de 2008 [AndraInv 09]. (Une expérimentation
de conditionnement des boues dans du bitume a entraîné la production de 340 fûts
de déchets.) Depuis 1989 environ, STE3-T traite la plupart des
effluents provenant d’UP2 et d’UP3, également par coprécipitation. STE3-B
procède à l’enrobage dans du bitume des boues issues de ce traitement.
Les boues sont entreposées en conteneurs dans STE3-B
ainsi que dans une extension de STE3, D/E-EB. Chaque
installation a une capacité d’entreposage de 20 000 fûts.
Fin 2007, STE3 contenait 10 572 fûts, représentant
une activité de 10,55 PBq, en grande partie en émetteurs bêta [AndraInv
09]. Cogema prévoyait de mettre à l’arrêt, vers la fin
1995, les unités servant à la coprécipitation et à l’enrobage dans du
bitume [Bonnet 95]. Ces unités sont toujours en service, mais elles manipulent
des quantités réduites d’effluents.
En 2008, dans des conditions normales de fonctionnement,
il n’y a eu pratiquement aucune production de déchets bitumés [ArevaSNR LH
08]. Afin de diminuer sa dépendance vis-à-vis de ces installations, Cogema a
installé de nouvelles unités d’évaporation.
Au lieu de traiter tous les effluents par floculation et décantation
pour produire des boues renfermant la plus grande partie de la radioactivité,
et incorporer les boues dans du bitume, les effluents sont traités en grande
partie par évaporation, en produisant des concentrés renfermant eux aussi la
plupart de la radioactivité, et en incorporant les concentrés dans les verres. Les
effluents liquides produits par les différents ateliers, lorsque leur
radioactivité le justifie, sont traités dans les Stations de traitement des
effluents où ils subissent des traitements chimiques pour les neutraliser ou
les décontaminer. Ils sont ensuite filtrés, contrôlés et rejetés dans la Manche au moyen
d’une conduite dont l’extrémité est située dans le courant du Raz
Blanchard.
La conduite a un parcours souterrain de 2 500 mètres
en zone terrestre puis de 5 000 mètres en zone maritime [ArevaSNR LH]. Une
ancienne conduite de rejet, qui n’était plus utilisée, a été démantelée
en 2001-2003. Depuis 2007, La Hague est autorisée à rejeter chaque année
en effluents liquides 18 500 TBq de tritium, 2,6 TBq d’iode, 42 TBq
de carbone 14, 11 TBq de strontium 90, 8 TBq de césium 137, 0,5 TBq
de césium 134, 15 TBq de ruthénium 106, 1,4 TBq de cobalt 60, 60 TBq
d’autres émetteurs bêta et gamma, and 0,14 TBq d’émetteurs alpha [JO
10/01/07]. Le
décret du 28 mars 1984 autorisait le rejet annuel de 37 000 000 GBq
de tritium, 220 000 GBq de strontium 90 et de césium 137, 1 700 GBq
d’émetteurs alpha, et 1 700 000 GBq d’émetteurs bêta/gamma
autres que le tritium.
Comme dans le cas des effluents gazeux, l’autorisation
de 1984 a été substantiellement révisée en 2003 et légèrement modifiée en
2007. En
2003 les rejets des effluents chimiques ont été soumis à des limitations pour
la première fois. Ces effluents contiennent des composés et des éléments chimiques en
solution (acides ou bases, sels, métaux, produits organiques).
Plus de vingt d’entre eux doivent maintenant être déclarés
à l’ASN.
Selon les chiffres d’Areva, ce sont sont les nitrates (2 390 t
en 2008) et les nitrites (inférieurs ou égaux à 34 t en 2008) qui représentent
les plus grandes quantités de rejet [ArevaSNR LH 08]. Les
effluents liquides appartiennent à la catégorie « V » si leur
activité bêta hors tritium est inférieure à 1,85 MBq par litre et si
l’activité alpha est inférieure à 3,7 kBq par litre.
Les autres effluents radioactifs appartiennent à la catégorie
« A ». En
2008 La Hague a rejeté en mer 1607 m3 d’effluents « A » et
98 928 m3 d’effluents
« V ».
Elle a aussi rejeté par la conduite 574 850 m3
d’eau provenant de différents réseaux d’eaux pluviales et de drainage
souterrain [ArevaSNR LH 08]. Selon les déclarations d’Areva, en 2008, les rejets en
mer de liquides radioactifs contenaient 8 190 TBq de tritium ; 1,06
TBq d’iode ; 6,24 TBq de carbone 14; 0,17 TBq de strontium 90 ; 1,0
TBq de césium 137 ; 0,075 TBq de césium 134 ; 3,37 TBq de ruthénium
106; 0,12 TBq de cobalt 60 ; 4,18 TBq d’autres émetteurs bêta et gamma ;
et 0,020 TBq d’émetteurs alpha [Areva SNR LH 08]. II.D. Les déchets solides Selon l’Andra, l’Agence nationale des déchets
radioactifs, entre la date de sa création et la fin 2007, le site de La Hague a
produit les volumes totaux de déchets suivants (en équivalent mètres cubes
après conditionnement) : Haute
activité 1 650 m3 Moyenne activité – vie longue 19 171
m3 Faible activité – vie longue
4 952 m3 Faible et moyenne activité – vie courte
156 213 m3 Très faible activité
17 113 m3. Ces déchets comprennent les produits solides résultant
du traitement des effluents liquides et gazeux décrits plus haut et les catégories
de déchets solides décrites
ci-dessous [AndraSyn 09 -GAINES ET COQUES. Les
gaines et cartouches (magnésium et graphite) provenant du combustible UNGG sont
entreposées en vrac sous eau dans des silos sur la zone nord-ouest du site. Actuellement, les silos 115 et 130 contiennent au total
1055 t de magnésium, graphite et métal [ArevaSNR LH 08, p. 57] qui représentaient
en 2000, selon l’ANDRA 24 TBq d’activité alpha 2,2 PBq d’activité bêta/gamma
[Andra 00]. Les
coques et embouts provenant du combustible REP retraité dans UP2/HAO ont été
entreposés en vrac sous eau dans un silo à proximité de l’installation HAO.
Depuis 1988, ils sont stockés dans des conteneurs fermés rangés dans des
vieilles piscines d’entreposage pour combustible irradié [MinIn 90, Andra
96]. En 1999, HAO, S1, S2, et S3 servaient à l’entreposage de 2 245,4 t
de déchets [Andra 00]. Les
coques et embouts provenant du combustible REP retraité dans UP3 et UP2-800 étaient
cimentés, puis entreposés dans les installations EDS et l’extension D/E-EDS.
Cette pratique a pris fin en 1995, et a été remplacée
par un stockage sous eau, dans l’attente de la mise en service de l’Atelier
de compactage des coques (ACC). À
la fin de 2007, 1518 châteaux de coques et embouts cimentés étaient entreposés
à La Hague.
Leur radioactivité totale était de 0,35 EBq, en
grande partie issue des produits d’activation [Andra Inv. 09].
L’ACC, qui a été mis en service en 2001, permet le
compactage des coques, des embouts et des déchets technologiques qui requièrent
un stockage géologique en profondeur. Les
déchets sont compactés sous forme de disques et stockés dans des conteneurs
CSD-C (conteneurs universels), identiques en forme et en taille aux conteneurs
de déchets vitrifiés. Selon
une source, la plus grande partie des déchets technologiques compactés
proviennent de l’usine de La Hague et certains de l’usine Melox [Chotin 98].
Les emballages produits par l’ACC sont entreposés dans le bâtiment ECC.
La DSIN a autorisé l’entreposage dans une piscine
d’UP2-400 de 700 litres de coques de Mox et de combustible U02, initialement
entreposées dans l’Atelier pilote de Marcoule [DSIN 99]. Il semble que ces
coques étaient destinées à être compactées dans l’ACC.
À la fin de 2007, 6 089 conteneurs de coques et
embouts compactés étaient entreposés à La Hague.
Ils présentent une activité bêta de 818 PBq [AndraInv
09]. --FINES
de cisaillage et fines de dissolution. Elles
sont actuellement vitrifiées avec la solution de produits de fission.
Dans le passé, elles étaient stockées avec les gaines
et les coques. --DÉCHETS BITUMÉS. Voir plus haut « les autres effluents aqueux ».
Ces déchets présentent une activité alpha supérieure
à 3,7 GBq/t et ne peuvent pas être expédiés à l’Andra [Pradel 95]. --DÉCHETS TECHNOLOGIQUES.
Ces déchets sont décontaminés si nécessaire, préconditionnés
dans des fûts standard de 120 litres, puis conditionnés par cimentation
ou compactage [ArevaSNR LH 09].
Depuis 1990, l’atelier AD2 regroupe et conditionne les déchets
technologiques provenant des usines UP2 et UP3.
La plupart des déchets technologiques cimentés peuvent
aller dans un site de l’Andra [Pradel 95]. Les déchets irradiants ou trop
contaminés en émetteurs alpha pour être expédiés à l’Andra sont entreposés
à La Hague dans AD2 et EDS. Les
ateliers R1 et T1 peuvent également servir à conditionner et stocker des déchets
technologiques.
L’atelier de compactage qui traite les coques et embouts
devait également traiter les déchets technologiques provenant de la Zone 4, la
zone de procédé [Ledermann 96]. --RÉSINES. Des
résines sont utilisés pour nettoyer l’eau des piscines d’entreposage.
À la fin de 2007, 332 m3 de deux catégories de résines
et 51 t des deux autres catégories étaient stockés à La Hague en
attente de conditionnement [AndraInv 09]. La radioactivité des résines est pour l’essentiel due au cobalt-60.
L’Atelier de conditionnement des résines (ACR) sert à conditionner les résines
sous forme de microbilles ou de résines broyées.
Les résines sont concentrées par décantation naturelle ;
prétraitées avec du calcium pour les empêcher de réagir avec le ciment ;
mélangées avec du ciment ; et coulées dans des fûts métalliques qui
sont entreposés dans des châteaux blindés prêts pour un « stockage à
faible profondeur ».
L’ACR devait avoir une capacité nominale de 200 fûts
de 400 litres par an et une capacité maximale de 300 fûts par an [Guerrand 98;
ArevaSNR LH 08]. --AUTRES DÉCHETS. Parmi les autres déchets présents à La Hague déclarés en 2009 figurent
les concrétions provenant du nettoyage de la conduite de rejet (45 m3) [Andra
Inv 09] et 6 538 fûts de déchets technologiques présentant une
contamination alpha, transportée depuis des usines de fabrication du MOX et
entreposés dans le Bâtiment 119 [ArevaSNR LH 08]. Problèmes particuliers liés
aux déchets anciens La majorité des déchets de l’installation UP2-400 ont
été entreposés sans conditionnement. La
DSIN a demandé à Cogema d’établir un plan pour le conditionnement des déchets
entreposés en vrac sur le site et a soumis le plan qui en a résulté aux
Groupes permanents chargés des usines et des déchets).
À la suite de la réponse des Groupes, la DSIN a écrit
le 27 janvier 1999 une lettre à Cogema indiquant que la reprise et le
conditionnement des déchets en vrac dans les cuves à STE2, dans le silo 130,
et dans le silo HAO exigeaient une action prioritaire.
La lettre demandait aussi à Cogema de s’engager
clairement à la reprise et au conditionnement de tous les autres déchets générés
pendant le retraitement à UP2-400. Cogema devait présenter dans l’année qui
suivait cette lettre un planning pour ces activités ; Cogema devait également
transmettre un rapport annuel sur son avancement concernant les déchets
d’UP2-400. En 1999, la DSIN a reconnu que Cogema avait réalisé la
reprise de la totalité des déchets situés dans les tranchées de l’angle
nord-ouest du site et avait reconditionné environ 8 000 m3 de déchets
provenant de ces tranchées. Malgré
les nouvelles exigences définies cette année-là, peu d’autres progrès ont
été enregistrés en ce qui concerne les déchets anciens.
À la suite d’une étude effectuée en novembre 2005 par
les Groupes permanents d’experts pour les laboratoires et usines et pour les déchets,
l’ASN a confirmé la nécessité d’entreprendre aussi rapidement que
possible la reprise des déchets de STE 2, du silo 130 et du silo HAO.
De plus, il a été demandé à Areva d’accorder une
priorité aux déchets alpha entreposés dans le Bâtiment 119. En 2002, Cogema a promis de commencer à incorporer les
boues présentes à STE 2 dans du bitume. Toutefois, sur la base de deux campagnes expérimentales, l’ASN a interdit
en septembre 2008 la poursuite de la bitumisation des boues dans les locaux de
STE 3.
Areva étudie des méthodes alternatives, comme la
cimentation des déchets ou le séchage grâce au procédé DRY-PAC.
L’ASN a spécifié que la reprise des déchets devait être
achevée d’ici la fin 2010 au plus tard [ASN 08]. Le silo 130 est un blockhaus enterré consistant en deux
tranchées de 3 000 m3, dont l’une contient des déchets.
Les déchets, qui consistent en des gaines et embouts de
combustible UNGG, des déchets technologiques et de gravats, sont entreposés
sous eau.
Areva prévoit de transférer les déchets UNGG dans
l’installation d’entreposage D/E EDS ; de retirer l’eau du silo et de
la traiter dans STE 3 ; et ensuite de retirer les déchets et les gravats
du fond du silo.
Toutefois, Areva évoque la nécessité de consolider le bâtiment
dans un premier temps [ANS 08, p. 394]. Le Silo HAO est un bassin enterré contenant des gaines et
des embouts de combustible REP découpés dans HAO, plus des fines, des résines
et des déchets technologiques issus de l’exploitation de HAO.
La reprise des déchets est difficile du fait de leur hétérogénéité
et des difficultés d’accès. Le démantèlement du silo nécessitera d’abord le démantèlement des équipements
présents actuellement sur la dalle du silo, la construction d’une cellule de
reprise, et la qualification des équipements qui seront utilisés.
En 2008, Areva a indiqué à l’ASN qu’il commençait
de nouvelles études sur la façon de procéder [ASN 08].
Le décret autorisant la fermeture définitive et le démantèlement
de HAO stipule que tous les déchets doivent être retirés du silo d’ici la
fin 2022 [JO 4.viii.09].
--actualisé le 5 octobre 2009 | |||
| Copyright © by Yggdrasil 2001-2007; Copyright by EcoPerspectives © 2008-2009 |