BASSE-NORMANDIE LA HAGUE IV. CONTRATS DE RETRAITEMENT Disparition des contrats de retraitement pour des combustibles étrangers
L’usine
de retraitement UP3 de La Hague a été préfinancée par des contrats entre Cogéma
et vingt-sept exploitants de centrales étrangères pour le retraitement
d’environ 7 000 tonnes de combustibles irradiés sur une période
d’environ dix ans.
Le combustible provenait d’Allemagne, de Belgique, du
Japon, des Pays-Bas et de Suisse.
Jusqu’aux alentours de 2004 environ la moitié des
activités de retraitement de Cogéma concernaient des clients étrangers.
Aujourd’hui les clients les plus importants de Cogema/Areva
ont abandonné le retraitement [Schneider 08].
Au 31 décembre
2008, seuls les combustibles irradiés (en tonnes de métal lourd – tML) des
entreprises étrangères suivantes étaient présents dans les piscines de La
Hague, en attente de retraitement :
Australie
0,131 tML (combustible MTR/réacteur
d’essai des matériaux)
travaux devant être achevés en 2010 Belgique
0,367 tML (combustible
MTR/réacteur d’essai de matériaux)
travaux devant être achevés en 2012
[NucF 4.vii.05]
Suisse
0,148 tML
travaux devant être achevés en 2011 Italie
12,4 tML*
retraitement avant 2014 [ArevaTraitLH 08] Cogéma/Areva
recherche des contrats de retraitement pour des combustibles MOX irradiés, pour
des combustibles irradiés de réacteurs de recherche et d’essai des matériaux
(MTR) ainsi que pour des combustibles REL classiques.
Le retraitement de chacun des combustibles spéciaux pose
des problèmes.
En comparaison avec le combustible UO2, le retraitement du MOX implique,
entre autres facteurs, une augmentation du risque de criticité du fait de
l’augmentation des concentrations en plutonium, une dégradation des solvants
du fait de l’augmentation des émissions alpha, une difficulté dans la décontamination
du plutonium du fait de la présence de produits de la dégradation du
tributylphosphate, et une difficulté dans la manutention des conteneurs de
plutonium en raison de la chaleur émise par le plutonium 238 [Baetslé 94].
Cogéma/Areva dilue le MOX dans du combustible REL pour le
retraiter et, selon Jean-Guy Devezeaux de Lavergne d’Areva, elle n’avait
retraité fin 1997 qu’environ 67,5 t de MOX [NucF 24/03/08].
Le
combustible des réacteurs de recherche et d’essai de matériaux présente des
difficultés de gestion similaires parce qu’il contient de l’uranium
fortement enrichi.
Le retraitement est rendu possible par la dissolution de
ce combustible dans du combustible REL classique, à un facteur de dilution de
« quelques dizaines de kg dans des tonnes d’UOx », a déclaré à Nuclear
Fuel Philippe Knoche, directeur de la Business Unit Retraitement de Cogema/Areva,
Cogema/Areva
a installé dans l’atelier T1 d’UP3 une chaîne spéciale doté d’un équipement mécanique conçu pour traiter de l’uranium
fortement enrichi sans déclencher une réaction de criticité [NucF 4.vii.05].
Toutefois, Jean-Pierre Gros, le responsable de la Business
Unit Recyclage, déclarait à Nuclear Fuel
en décembre 2008 que si Areva peut porter ses contrats de retraitement de
combustible UOX à 1500 tML par an, il ne cherchera plus à avoir de
clients qui veulent retraiter du combustible de réacteurs de recherche et
d’essais de matériaux parce que l’opération de retraitement est « compliquée »
et, pour une masse donnée, absorbe à La Hague une capacité de retraitement
beaucoup plus importante que le combustible UOX [NucF 29.xii.08]. La poursuite du retraitement dépend d’EDF Sur les 9 179 tML
de combustible irradié en attente de retraitement à La Hague à la fin de
2008, 99,9 % provenait d’EDF [ArevaTraitLH 09], dont Areva dépend pour
la poursuite de l’exploitation de l’usine.
Le
combustible déchargé chaque année des réacteurs d’EDF contient
approximativement 1200 tonnes de métal lourd (tML) [NucF 29.xii.08].
Environ 100 tML sont du combustible MOX et 1100 tML sont du combustible UOX
classique.
La politique d’EDF depuis l’an 2000 est de retraiter
environ 850 tML de combustible UOX chaque année.
Les 250 tML de combustible UOX restant sont entreposées
sur les sites des réacteurs et à La Hague, tout comme les 100 tML de
combustible MOX.
En
décembre 2008 EDF a signé un accord avec Areva selon lequel EDF fera passer de
850 tML à 1050 tML par an la quantité de combustible UOX qu’il
retraitera d’ici 2010. (Dans le même temps, il augmentera la production de
MOX de 100 tML à 120 tML par an d’ici 2010.)
Il ne fera pas retraiter le MOX à ce moment-là, mais il
envisage de le faire à l’avenir pour obtenir du plutonium pour les réacteurs
nucléaires dits de « Génération IV » [NucF 29/12/08].
Jean-Guy
Devezeaux de Lavergne, d’Areva, a fait remarquer à une conférence de la SFEN
que, en comparaison avec le combustible UO2 irradié, le retraitement du MOX, même
sous forme diluée, multiplie par « cinq » la teneur en plutonium
dans les tuyauteries et change la « nature du plutonium » en cours
de traitement.
C’est pourquoi l’usine de La Hague devra subir
« d’importantes adaptations » pour pouvoir retraiter la quantité
de MOX qui sera nécessaire pour fournir le plutonium pour les combustibles des
réacteurs de Génération IV [NucF 24.iii.08].
Areva espère
augmenter le retraitement à La Hague jusqu’à 1500 tML par an.
En 2008, il n’a retraité que 937 tML.
Pour parvenir à cette augmentation Areva devra trouver de
nouveaux contrats étrangers à réaliser à côté de son travail pour EDF. Il est
difficile de savoir d’où viendront des contrats suffisamment volumineux. Contrats supplémentaires
Bon nombre
des contrats que La Hague obtient actuellement portent essentiellement sur des
travaux de décontamination pour d’autres installations. La Hague reçoit
pour conditionnement et traitement, des matières retirées du circuit de
production dans des usines de fabrication du combustible en France et à l’étranger
et, parfois, des matières qui sont retirées du stockage dans d’autres sites
soumis à des opérations de décontamination ou décontamination/démantèlement.
Les matières
d’origine française reçues à La Hague sont constituées de différentes
matières de l’installation Melox, de l’usine de retraitement UP-1, en cours
de déclassement, et de Cadarache où de l’uranium et du plutonium sont retirés
des installations ATPu et LPC (qui ont produit ou aidé à la production du
combustible MOX).
À Cadarache des pastilles rejetées et d’autres matières sont écrasées,
refabriquées en nouvelles pastilles et chargées dans des crayons de
combustible qui sont envoyés à La Hague.
Le PuO2 en poudre est reconditionné avant d’être réexpédié.
En
2004, par exemple, 8.3 tML d’uranium et de plutonium (dans 12 223 crayons
de combustibles) et 82 boîtes de PuO2 sont partis de Cadarache pour La
Hague, et l’opération d’évacuation a continué apparemment jusqu’à
mi-2008 [ASN 08]. Les éléments
ci-dessous concernent des travaux effectués à La Hague pour des installations
étrangères. 6 mai 2008
– L’ASN donne la permission à Areva de reconditionner du PuO2 en poudre
provenant de l’installation anglaise de Sellafield à UP3-A [Contrôle xi.08]. 12 juin 2008
– L’ASN déclare qu’elle ne voit pas d’objection à ce qu’Areva reçoive
et entrepose du MOX non irradié provenant de l’usine de Dessel en Belgique,
qui est en cours de déclassement [Contrôle xi.08]. 26
février 2009 – Par sa décision 2009-DC-0132, l’ASN autorise Areva à
recevoir, conditionner, entreposer et traiter des matières nucléaires
provenant du centre commun de recherche d’Ispra en Italie [Contrôle vii.09].
Les matières concernées sont de l’oxyde de plutonium, du MOX en poudre et
des pastilles de MOX non irradié.
En
2014-2015, Areva retraitera 16 assemblages de combustible MOX non irradié
fabriqué par BNFL et rejeté par Kansai Electric.
Ils sont actuellement entreposés à Sellafield [NucF
15.vi.09]. --actualisé
5 octobre 2009 Copyright
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