La France nucléaire: matières et sites

Mary Byrd Davis

 
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CENTRE

CENTRE DU RIPAULT (CEA-LE RIPAULT)

Objet/type : centre de pyrotechnie et assemblage d’armements

Localisation : une superficie de 103 ha à Monts (Indre-et-Loire),

à une quinzaine de km au sud-ouest de Tours

Exploitant : Direction des applications militaires

Période d’exploitation : depuis 1962

Matières manipulées : à une certaine période, uranium et plutonium

La vocation du centre, situé sur le territoire de l’ancienne Poudrerie nationale du Ripault, est essentiellement pyrotechnique. Ici « sont conçus, développés et mis en oeuvre les explosifs chimiques, les dispositifs d’amorçage et les matériaux organiques utilisés » par la Dam [CEALeR nd]. Néanmoins, à une certaine période, le centre a manipulé les composants actifs des armements.

Au cours de la restructuration décidée en 1996, le CEA a transféré "les activités nucléaires intéressant la défense" de Bruyères-le-Châtel "au CEA/Valduc, pour les matériaux nucléaires, et au centre CEA du Ripault, pour les autres matériaux" [HC 98]. Autrement dit, le CEA a renforcé le pôle 'matériaux organiques' du centre du Ripault [CEARa 97].

ASSEMBLAGE

Le Ripault assemblait « les autres composants [non-pyrotechniques] autour de l’édifice pyrotechnique ». Le centre a livré la première arme de série à l’armée de l’air le 1er juillet 1963. Après une dizaine d’années, l’assemblage des armes a été transféré au Cesta [DAM v.88].

DÉMANTÈLEMENT

Le Ripault participe à « un programme de démantèlement des armes devenues obsolètesŠ depuis plus de 25 ans ». Des responsables du centre ont déclaré en 1991 : « Notre mission se limite à la partie pyrotechniques l’explosif classique chargé de provoquer l’explosion nucléaire » [Nouv 3.x.91]. Mais, il est possible que dans les années 60 et 70, le démantèlement comportait la séparation de l’édifice pyrotechnique d’avec les autres composants.

MAINTENANCE

Le Ripault assistait également à la maintenance des armes, vraisemblablement des armes assemblées au Centre [CEALeR (nd) ; Nouv 3.x.91].

DÉCHETS

La production et la destruction d’explosifs rejettent des produits chimiques toxiques, mais les effluents qui n’ont pas d’origine directement nucléaire ne concernent pas cette étude [voir Shulman 92 et USDOE 87].

 

CENTRE DE TIRS DU RUCHARD

Type : antenne du Centre du Ripault

Localisation : Monts (Indre-et-Loire)

Exploitant : Direction des Applications Militaires

Période d’exploitation :

Matières manipulées : uranium

Les expérimentations sensibles concernant les explosifs se faisaient sur le Centre de tirs du Ruchard. Afin de démanteler certains types d’armements, on fait exploser l’explosif chimique. Si l’explosif est associé à de l’uranium appauvri, il faut préalablement les séparer. A l’usine Pantex, aux Etats-Unis, où sont fabriqués les explosifs chimiques pour les armes nucléaires, on effectue/ait les mêmes opérations de démantèlement. On fixe la matière à brûler sur une tablette métallique et quand l’explosif est détruit, la pièce métallique tombe à terre et peut être ramassée. Avant que l'on opère la séparation, une partie de l’uranium est dispersée dans l’atmosphère sous forme d'oxyde d’uranium et/ou tombe à terre sous forme de particules trop fines pour être ramassées [USDOE 87]. Il est probable que les terrains du centre de tirs sont contaminés de cette façon aussi bien que par le brûlage de produits chimiques [Damo #i.94].

                                                                                                              --actualisé 19/8/01