CHAMPAGNE-ARDENNES POLYGONE D’EXPERIMENTATION DE MORONVILLIERS (PEM), PONTFAVERGER-MORONVILLIERS Objet/type : polygone d’expérimentation militaireLocalisation : terrain d’environ 500 ha, situé dans le campmilitaire de Moronvilliers à Pontfaverger (Marne) Exploitant : Direction des applications militairesPériode d’exploitation : depuis 1958Matières manipulées : uranium appauvri et naturel ; tritium ; composés de deutérium et de lithiumDéchets : sols contaminés en uraniumEn particulier : se spécialise dans la détonique ; effectue des tirs froids de grande intensité
Aujourd'hui le site de Moronvilliers est rattaché au Centre Dam--Ile de France de la Direction des applications militaires (Dam) du CEA. Le Centre Dam--Ile de France, à Bruyères le Châtel au sud de Paris, était connu autrefois sous le nom du Centre d'Etudes de Bruyères le Châtel ou B-III. Le site de Moronvilliers était autrefois une partie du Centre d'Etudes de Vaujours-Moronvilliers de la Dam. Le CEA a fermé le site de Vaujours fin 1997 et le Centre d'Etudes de Vaujours-Moronvilliers a cessé d'exister. Le Polygone d'expérimentation lui-même sera fermé en 2016 "pour économiser les coûts" selon François Geleznikoff, directeur des armes nucléaires du CEA, cité par france 3.fr, 19 juillet 2009. INFRASTRUCTURE Dans les années 80, les moyens du site comprenaient le Grec (générateur de radiographie éclair), Artemis, “ moyens d’investigation radiographique ”, et le Cagl, destiné à “ l’étude des équations d’état à hautes pressions ”, autrement dit à l’étude de tirs froids [DAM v.88]. Le site disposait également de cuves et de puits de tir. L’Airix, destiné à radiographier les explosions, a remplacé le Grec. Airix est en fonction depuis décembre 1999 [défis vi-viii.2003]. La machine sera transférée dans Valduc en 2012 ou 2013, Geleznikoff a annoncé en juillet 2009. TIRS Le PEM est destiné principalement à l’expérimentation dans le domaine de la détonique, et peut mettre en œuvre des masses importantes d’explosifs. Des grands tirs froids de simulation y sont effectués, utilisant le béryllium, le plomb, et l’uranium appauvri et peut-être également l’uranium naturel [CDRPC 99 ; Andra 99]. Les textes dont nous disposons parlent de tirs à l’uranium à l’air libre et en cuves. Il est probable que ces tirs aient également eu lieu en puits [VauRa 77]. BRULAGE DE L’URANIUM Afin de se débarrasser de certains résidus, tels que les sciures, “ impossibles à griller à cause de l’huile qui les recouvre ”, le service SPR de BIII a mis au point “ une technique originale, dite de brûlage ”. “ Le brûlage consiste, comme pour le grillage, à transformer l’uranium métal en oxyde U308. L’opération se déroule à l’air libre sur un terrain d’expérimentation. La poudre d’oxyde est alors récupérée dans des fûts métalliques et acheminée soit pour valorisation de l’U5 contenu, soit pour stockage définitif. Tonnage ainsi traité depuis trois ans : 15 tonnes ”, écrivait en 1988, M. Ambolet de Bruyères-le-Châtel. Le terrain d’expérimentation était vraisemblablement le PEM [voir CDRPC 94]. EFFLUENTS ATMOSPHERIQUES ET DECHETS SOLIDES Les tirs à l’uranium et le brûlage de l’uranium dispersent dans l’air de l’oxyde d’uranium, qui après un laps de temps, en fonction des vents et de la taille des particules, retombent sur le sol. La Dam effectue des contrôles [voir CHSV 6.x.75], mais les résultats ne sont pas rendus publics. Selon l’Andra, " une étude des sols a permis de délimiter des zones contaminées." La contamination moyenne des zones réservées aux expérimentations s’élève à 0,5 Bq/g. " Les impacts à moyen et long terme de la migration des polluants [étaient] en cours d’évaluation " pendant l'année 1999 [Andra 99]. En 2000, 110 m3 de déchets, " faiblement contaminés en uranium appauvri, issus principalement des essais " (400 MBq) et 350 m3 de " déchets TFA issus d’une action de réhabilitation " (1,9 GBq) étaient entreposés sur le site, exutoire à l’étude [Andra 00, p. 274]. EFFLUENTS LIQUIDES En 1985, les " effluent de lavage des cuves [étaient] traités dans les labos chauds. Lorsque les résultats de mesure [étaient] inférieurs aux normes environnement, les effluents [étaient] évacués comme eaux usées. Si les résultats [étaient] supérieurs aux normes, les effluents [étaient] envoyés au CEN/Saclay qui les évapor[ait] et les enrob[ait] dans le bitume " [CCHSC 10/11.ix.85]. --actualisé 28/10/2009 copyright © 2001-2007 by Yggdrasil; copyright © 2008-2009 by EcoPerspectives |