La France nucléaire: matières et sites

Mary Byrd Davis

 
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ILE-DE-FRANCE - GRANDE COURONNE

CENTRE DE SACLAY

V. TRAITEMENT ET ENTREPOSAGE DE DÉCHETS

La station bêta gamma de Saclay comprend deux INB (35 et 72), un atelier, et des moyens de transport. Depuis 1993 le CEA effectue des opérations d’amélioration à la fois de la Zone de gestion des effluents liquides (INB 35) et de la Zone de gestion des déchets radioactifs solides (INB 72).

.Zone de gestion des effluents radioactifs liquides

Dans cette zone (INB 35) sont effectués la collecte et le stockage temporaire des effluents, ainsi que le traitement des effluents aqueux de faible et moyenne activité.

BÂTIMENT 387

Un évaporateur d’effluents produit d’une part des condensats (liquides) épurés de la plus grosse partie de la contamination, d’autre part des concentrats qui recueillent la contamination. Le facteur de décontamination des condensats est "proche de 10 000, sauf pour le tritium, le cérium et le carbone 14."

Si la concentration en tritium est élevée, le condensat est envoyé à Marcoule [Birraux 96; Rivasi 00]. Sinon, il est dirigé vers la réserve d’eau brute destinée à alimenter le centre en eaux industrielles. Le trop plein de la réserve est acheminé par l’Aqueduc des Mineurs, avec les eaux pluviales, vers les étangs de Saclay.

Les concentrats subissent des traitements destinés à les stabiliser sur le plan chimique. Si leur activité est importante, ils sont entreposés pour décroissance radioactive. Sinon, ils sont enrobés de bitume et coulés en fûts de 200 l. Ces fûts sont dirigés vers l’INB 72 pour un surenrobage en coques de béton [Birraux 96; CEAD 96]. Les concentrats sont très actifs en césium-137 [CNE 96].

En 1992, un fût en cours de remplissage s’est enflammé dans l’installation d’enrobage de bitume, ce qui a nécessité une longue mise à l’arrêt et des transformations de l’installation. Puis, en 1997, suite à un accident dans une installation analogue au Japon et une inspection de l’installation à Saclay, la DSIN a une nouvelle fois suspendu l’autorisation d’exploitation. En 1999, compte tenu des améliorations apportées par l’exploitant, la DSIN a autorisé le redémarrage pour une période de quatre ans [DSIN 99].

Le CEA prévoit la mise en service d’une nouvelle installation, Stella, pour l’année 2005. A l’intérieur de Stella, les concentrats provenant de l’évaporation seront traités chimiquement, puis enrobés par cimentation et conditionnés dans des coques en béton fibres. Afin de résorber les stocks, l’unité sera dimensionnée pour une capacité de traitement de 3000 m3 d’effluents par an. La production estimée pour 2005 ne serait que de 1500 m3 par an. La construction de Stella nécessitera une extension du périmètre de l’INB 35 et, par conséquent, une enquête publique [CEAD 99].

Les autres améliorations apportées à la zone comprennent la rénovation des entreposages d’effluents aqueux et organiques (projet Réservoir). En 1996 C. Birraux a précisé: un site d’entreposage de 300 m3 de concentrats aqueux de moyenne activité (6 cuves de 50 m3) et d’un entreposage de 30 m3 de liquides organiques (4 cuves) . La Direction de la Gestion des Déchets du CEA ne mentionne que "six cuves d’une capacité totale de 300 m2 destinées à l’entreposage des effluents de faible et moyenne activité" [CEAD 99]. Le CEA a demandé l’autorisation de mettre l’installation en active, et attend une réponse en 2001 [Con iii.01].

Saclay traite des effluents provenant d’autres centres abritant des activités nucléaires. En 1985, Saclay traitait des effluents liquides contaminés provenant du centre de Vaujours-Moronvilliers, ainsi sans doute que des effluents provenant d’autres centres, dont nous n’avons pas connaissance [CCHSC 10-11.ix.85]. En 1994, Saclay traitait des effluents provenant de Bruyères le Châtel, Fontenay-aux-Roses, Ile Longue (la base opérationnelle des sous-marins nucléaires lance-missiles), Somanu, Framatome (Châlons), l’Andra (ZRS), EDF Chinon, et Cerba (Pontoise), soit au total 584,3 m3 de liquides contaminés, soit 4,69 GBq d’activité alpha, 45,6 GBq en activité bêta/gamma et 47,5 GBq en tritium [Birraux 96]. La Direction de la Gestion des Déchets a indiqué "d’autres producteurs (ports de Brest, Toulon …)" en ce qui concerne un traitement au CEA Saclay et au CEA Cadarache [99].

Bâtiment 387 sert à entreposer les huiles et les solvants contaminés, en particulier ceux dont la destination est à définir. En 2000, 11,3 m3 de solvants et huiles et 12,5 m3 d’effluents aqueux chargés de produits organiques miscibles y étaient entreposés. De plus, le bâtiment entrepose 30 t de terres contaminées de césium 137 [Andra 00].

Bâtiment 393

Ce bâtiment sert à entreposer des liquides et des concentrats en attente de traitement et d’évacuation vers l’Andra [Andra 00]

 

Zone de gestion des déchets radioactifs solides

L’INB 72 (bâtiments 114, 116, 120) traite des déchets solides de "faible et moyenne activité " [Andra 96]. Elle assure les fonctions suivantes: tri et compactage; préparation à l’entreposage des sources radioactives; mise en coques béton; entreposage des fûts actifs avant envoi à Cadarache, au CSA, ou ailleurs [Birraux 96].

Jusqu’en 1970, Saclay stockait les déchets, après conditionnement, sur une aire de stockage à Saclay-même ou sur une ancienne décharge communale, l’Orme des Merisiers, à Saint-Aubin. Le centre a également utilisé cette décharge pour l’enfouissement de terres et de gravats TFA et pour l’épandage des boues de traitement des eaux industrielles, chimiques, et sanitaires du site. En 1989, 1720 t de boues de décantation contenant des ‘traces’ de radioactivité et entreposées dans trois fosses ont été transportées à la décharge contrôlée de Bailleau-Armenonville (Eure-et-Loir) [Andra 00]. En 1996, 653 t de boues, réparties en 38 conteneurs et entreposées dans la zone de l’ancienne grande carrière à l’Orme des Merisiers ont été récupérées et transportés à Cadarache. Les terres et gravats provenant de Cicaf (Corbeville) (140 m3) contenant les traces de l’uranium; et les boues déversées dans l’ancienne petite carrière (1800 m3 au césium 137 et des traces de radioactivité alpha) restent sur le site de l’Orme des Merisiers [Andra 00].

Après 1970, le CEA a expédié, pendant un temps, les déchets de basse activité dans des fûts métalliques au centre de stockage de la Manche (CSM), et entreposé des déchets de moyenne activité dans une installation de décroissance (Bâtiment 114) qui existe toujours (voir ci-dessous).

L’INB 72 comporte trois bâtiments:

-- le Bâtiment 114, qui comporte des systèmes d’entreposage de longue durée, y compris des puits drainés, qui contenaient, en 2000, 769 fûts de déchets technologiques, irradiants et/ou contaminés en émetteurs alpha et d’autres déchets (20 PBq); une fosse contenant des blocs de béton (18 TBq); un site de stockage horizantal extérieur contenant 600 kg d’uranium et 0,249 kg de plutonium; et des piscines contenant des éléments combustibles et des sources [Andra 00]. Le CEA a évacué vers le CSM ou à Cadarache une partie des déchets qui avaient été entreposés pendant longtemps dans des puits [CDRPC 94]. Pourtant, le retrait de ces déchets ne pourra pas être achevé avant la construction de l’installation Cedra à Cadarache [Con viii.99].

-- le Bâtiment 116, constitué d’un hall ventilé contenant des sources scellées et des objets au radium à usage médicale [Andra 99 and 00]

--le Bâtiment 120, qui entrepose des sources scellées provenant de l’Opri (antièrement, semble-t-il également des sources provenant de l’Oris, en puits [Andra 99 et 00]

L’INB 72 comporte également quelques installations spécialisées semble-t’il:

--Un four de fusion du plomb "faiblement radioactif" [CEAD 93] ;

--Deux massifs en béton équipés de canaux horizontaux qui servent à l’entreposage de combustibles irradiés anciens de type UNGG et Eau Lourde;

--Une installation Précis (Programme de reprise des éléments combustibles irradiés de Saclay), mise en exploitation en septembre 1996, qui permet l’examen et le contrôle des combustibles présents dans les deux massifs. Après préparation dans l’installation Précis, du combustible UNGG contenant environ 1,1 t d’uranium métal a été évacué vers l’UP1 à Marcoule pour retraitement. Les combustibles qui restaient dans les massifs étaient examinés, reconditionnés et entreposés de nouveau dans les massifs "dans l’attente d’un traitement ultérieur" [CEAD 99].

L’Aire 615A, une ICPE, est équipée de puits qui servent à l’entreposage des déchets d’Osiris (alpha, bêta, gamma) et d’EL3 (50 TBq) [Andra 00].

Se trouvent également:

--une nouvelle installation qui comporte 36 puits d’entreposage de colis de déchets;

--la Station d’Entreposage des Sources (SES), également une nouvelle installation, qui assurerait l’entreposage de longue durée des sources dans l’attente de solutions d’évacuation. Elle est composée de 108 puits d’entreposage et de cellules de tri et de conditionnement [CEAD 99].

L’atelier de décontamination des matériels, de déclassement et de conditionnement des déchets radioactifs solides et d’expertise des colis (ADEC)

Cet atelier effectue le traitement, la décontamination, et l’expertise de déchets solides. Il est rénové régulièrement pour développer le traitement de certains déchets particuliers. Depuis 1986 l’atelier effectue les expertises, dites " supercontrôles ", pour le compte de l’Andra – il contrôle des colis prélevés après leur livraison au Centre de l’Aube et provenant des différents producteurs [CEAD 99].

Centre de regroupement de l’Andra

Ce centre est situé dans un bâtiment au sein du CEA Saclay. Il constitue une plate-forme de regroupement des déchets collectés chez les petits producteurs. La plate-forme reçoit les colis de déchets par transports routiers et les expédie toutes les deux semaines, environ, vers le centre de tri de Socatri situé à Bollène (Vaucluse) [Andra 00].

--actualisé 18/8/01