ILE-DE-FRANCE--PETITE COURONNE CENTRE D’ÉTUDES DE VAUJOURS-MORONVILLIERS--SITE DE VAUJOURS Objet/type : centre de recherche et développement militairesLocalisation : Vaujours (Seine-Saint-Denis) au nord-est de Paris Exploitant : Direction des applications militaires Période d’exploitation : 1955-1997 Matières manipulées : uranium Un accord entre le CEA et le Service des poudres a conduit à la création du centre d’études de Vaujours en 1955. Il a été rattaché à la Dam en 1958. Le site était de 44 ha [VauRa 71]. En 1996, suite à l’arrêt définitif des essais nucléaires en Polynésie, le gouvernement a annoncé la fermeture définitive prochaine du centre, qui a eu lieu fin 1997. En mi-2000, les terrains étaient en vente par adjudication [LeMo 14.vi.00]. « Les casemates hautement renforcées du fort central sont abondamment utilisées pour les tirs à vocation de recherches fondamentales dans les diverses branches de la détonique » [Dam v.88]. « Les tirs d’uranium » et également de plomb avaient lieu sur le site de Vaujours même [CHSV 4.x.73 et 6.x.75], alors que « les gros tirs froids de simulation » se déroulaient dans l’annexe de Moronvilliers [DAM v.88], les documents du CEA ont constaté. Lucien Beaudoin, un ancien ingénieur du CEA, qui a travaillé pendant trente ans à Vaujours, a expliqué en 2000, "nous étudiions l’action des explosifs sur différents métaux pour mettre au point la bombe atomique." "Nous faisions exploser des sphères d’uranium natural dans des casemates, mais aussi à l’air libre." Les particles de l’uranium se dispersaient dans le fort et à l’extérieur [LeMo 14.vi.00]. En 1998 la Direction générale de la santé (DGS) a fixé des niveaux minimum d’assainissement du fort; et, cette même année, l’Office pour la protection contre les rayonnements ionisants (OPRI) a procédé à un contrôle qui a montré le respect des prescriptions. L’équivalent de dose reçue aujourd’hui s’élève à 1,6 mSv/an (la limite pour le public est fixée à 1 mvS/an). Aux abords du fort, le CEA a mesuré 0,03 Bq/g de terre (en région parisienne on mesure habituellement 0,01 Bq/g) [LeMo 14.vi.00]. Un rapport de la Drire, daté du 3 décembre 1999, indique que "le site présente une contamination résiduelle par des substances radioactives et pyrotechniques." Le préfet, qui s’est appuyé sur ce rapport, a mis en place une procédure d’enquête publique sur l’instauration de servitudes d’utilité publique." Le site de Vaujours serait "limité à des activités d’industrie ou de services à l’industrie ou assimilés. En particulier, un usage résidentiel, des activités agricoles ou entraînant la présence régulière d’enfants sont proscrits." L’enquête publique s’est déroulée du 9 mai au 10 juin 2000. Le 27 juin 2000 six députés verts ont déposé dans l’Assemblée Nationale une proposition de résolution qui demande la création d’une commission d’enquête parliamentaire "relative aux conséquences des expérimentations nucléaires réalisées au centre" "ainsi que sur les mesures propres à réduire les risques pour les habitants et l’environnement." Un rapport documenté du CDRPC demande également "une véritable expertise" avant que le terrain soit rendu au domaine public [Obsan #4, ix.00]. Selon le CEA, qui en 2000 a admis les essais des métaux lourds et de l’uranium appauvri "dans des puits équipés d’évents," "le site est assaini." Mais la décontamination "menée par des procédés habituels ne peut se faire que sur 50 cm de profondeur. Aller au-delà nécessiterait des moyens financiers sans commune mesure avec les objectifs de cession du terrain" [cité dans FraSoi 7.ix.00]. Une expertise radiologique et hydrogéologique a débuté en avril 2000. Elle dure un an [LeFi 5.iv.01]. --actualisé 8/18/01 |