La France nucléaire: matières et sites

Mary Byrd Davis

 
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LANGUEDOC-ROUSSILLON

MARCOULE

III. EFFLUENTS

III.A. Rejets gazeux

Les limites annuelles autorisées pour les rejets gazeux cumulés sont 60,000 TBq pour les gaz autres que le tritium ; 10 000 TBq pour le tritium, 150 GBq pour les halogènes (essentiellement l’iode 129), 80 GBq pour les aérosols, et 400 MBq pour les émetteurs alpha.

À la demande du Haut Commissaire à l’énergie atomique, l’INB-S Marcoule figure parmi les INBS qui doivent procéder à une demande de renouvellement de leurs autorisations de rejets gazeux et liquides [Con xi.00]. ]. Le dossier serait remis à l’Autorité de Sûreté en automne 2001 [CLIGard 13.vi.01].

Selon les chiffres établis par la surveillance de Cogéma, l’installation a rejeté, en 2000, 330 TBq de gaz rares, 2,1 GBq d’halogènes, 0,026 GBq d’aérosols, 320 TBq de tritium et 26MBq d’émetteurs alpha [CLIGard 13.vi.01]. Sauf pour les émetteurs alpha, les chiffres représentent une réduction des émissions par rapport à 1997, année où le retraitement a cessé. Les émetteurs alpha ne s’élevaient en 1997 qu’à 7,2 MBq.

Les chiffres concernant la période entre 1988 et 2000 montrent que l’année record concernant les halogènes émis pendant cette période était 1990 (80 GBq), 1989 (17 GBq) pour ce qui concerne les aérosols, 1988 (1190 TBq) pour le tritium, et 2000 (26 MBq) pour les émetteurs alpha. Les chiffres concernant les gaz rares émis avant 1994 sont couverts par le secret défense, mais ils s’élevaient à 16 PBq en 1996. Nous ne pouvons savoir avec certitude si ces chiffres comprennent ou non d’éventuelles émissions accidentelles [HC 98].

Le rapport du Groupe de Travail sur la Contamination radioactive et chimique des sites INBS (GTC) ne mentionne pas les années antérieures à 1988 [HC 98]. Certaines émissions accidentelles importantes des années passées ont été répertoriées par d’autres sources, comme par exemple 962 TBq Ci de tritium, émission du 9 juin 1976 et 660 TBq de tritium, le 23 octobre 1981 [CDRPC 94].

III. B. Rejets liquides

Les limites annuelles autorisées pour les rejets liquides sont 2 500 TBq pour le tritium, 150 GBq pour les émetteurs alpha, 6 TBq pour le césium 137, et 6 TBq pour le strontium 90. L’activité annuelle totale, hors le tritium, le césium, et le strontium, ne doit pas dépasser 150 TBq. L’activité volumétrique totale après dilution dans le Rhône ne peut dépasser une limite établie, et les rejets peuvent seulement être déversés quand le Rhône coule à un débit situé entre 400 et 4 000 m3/s.

Afin de se conformer à l’accord passé avec l’OPRI dans les années 80, Cogéma a cherché à garder comme objectif des émissions inférieures de 35 % par rapport au niveau de radioactivité autorisé. En 1997, les rejets annuels de l’INBS étaient, selon Cogéma, de 300 TBq de tritium, environ 6 TBq d’activité bêta (en dehors du strontium 90 et du césium 137), 0,3 TBq de strontium 90, 0,2 TBq de césium 137, et 10 GBq d’activité alpha. Ces chiffres représentent une diminution d’un facteur 10 environ, sauf pour le tritium, depuis 1988 [HC 98]. Les rejets en 2000, toujours selon Cogéma, s’élevaient à 34,9 TBq de tritium ; 0,32 TBq de radioéléments autres que le tritium, le césium 137, et le strontium 90 ; 0,12 TBq de strontium 90, 0,028 TBq de césium 137 ; et 3,49 GBq d’émetteurs alpha [CLIGard 13.vi.01].

En plus des rejets dans le Rhône, de nombreux rejets accidentels d’effluents dans les sols se sont produits à l’intérieur du site. Le GTC a publié une liste de douze fuites ou déversements significatifs inventoriés par Cogéma. Un des incidents a ainsi donné lieu à une contamination équivalente à 500 000 Bq/g. Ce niveau d’activité bêta/gamma a été atteint à la suite de fuites à partir de valves dans le bloc " haute activité " de la Stel en 1985 et 1986 [HC 98].

Avant 1992, Codolet tirait l’eau nécessaire d’un puits (P12) qui, au début de l’année 1980, montrait un niveau croissant d’activité bêta, provenant pour l’essentiel du strontium 90 et de l’yttrium 90. Lorsque la radioactivité a atteint une dizaine de Bq/l, les autorités ont réalisé un forage profond de 400 m dans les sables de l’Aptien pour remplacer le vieux puits. Toutefois, à cause de l’hydrogène sulfuré et du fer présents dans l’eau de ce nouveau puits, ces eaux étaient parfois diluées avec celles du forage P12. En 1998, un nouveau forage était en cours de réalisation pour s’affranchir totalement du puits P12 [HC 98].

La Cogéma a construit une paroi souterrain taillé en forme de L sur les côtés sud et est de la Stel, conçu pour protéger les eaux souterraines au sud du site [HC 98, Fig. 3]. Cet ouvrage a été terminé en 1987 après qu’« une tache de pollution on strontium 90 avait déjà franchi les limites du site.» Selon la Cogéma, « les contrôles effectués montrent qu’il n’y a plus d’apport de radionucléides depuis la réalisation de la paroi » [MarEnv 00]. Antoine Godinot, géologue, n’en est pas tout à fait d’accord. Il cite des chiffres qui indique une contamination possible en tritium, et il note que la hauteur du mur serait de 7 m. « Il reste un grand espace entre la base de ce mur et le ‘substratum imperméable’ de ‘marne bleutée’ à –40 mètres.» [Godinot 01].

                                                                                                          --actualisé 17/8/01