LANGUEDOC-ROUSSILLON MARCOULE IV. RESULTATS DE LA SURVEILLANCE DE L’ENVIRONNEMENT (Les exemples qui suivent proviennent d’un résumé tiré du rapport GTC, qui est basé sur des informations fournies par Cogéma.) Air Selon les informations fournies par Cogéma à partir des mesures effectuées à Codolet, au sud du site, le niveau maximal de radioactivité totale pour les gaz émis entre 1957 et 1983 serait de 27 Bq/m3. Le niveau de plutonium serait toujours resté en dessous du seuil de détection. L’activité de l’iode 129 et 131 était en général inférieure à 3 mBq/m3, mais “ avec quelques valeurs significatives ”, c’est à dire des rejets importants. Il n’y a actuellement plus aucun rejet d’iode, ceci parce qu’UP1 a été mis à l’arrêt. Les émissions de tritium étaient inférieures à 8 Bq/m3. Eaux de pluie La valeur maximale mesurée à Codolet entre 1970 et 1995 pour le tritium contenu dans les eaux de pluie était de 1400 Bq/l, chiffre atteint en 1975. Le taux de tritium mesuré actuellement à Codolet serait moins important, 60 Bq/l, bien qu’il puisse toujours atteindre 1500 Bq/l sur site. Eaux du Rhône L’écart trouvé entre l’activité en amont et aval du site est pour l’essentiel dû à une augmentation de l’activité beta de plusieurs dizaines de Bq/l. Il s’agit du résultat d’émissions de ruthénium 106, de strontium 90 et de tritium. L’activité alpha ne peut être détectée à cause de l’uranium “ naturel ” présent dans les eaux du Rhône. Le césium se fixe très vite sur les matières en suspension. Les sédiments L’activité des sédiments trouvés en aval du site (aucun lieu précis n’a été mentionné) passe de 40 Bq/kg sec pour ce qui concerne le césium 137 et le ruthénium 106, à environ 1 Bq/kg sec pour les éléments transuraniens (américium et plutonium). On peut citer au moins un point chaud où des sédiments contaminés se sont accumulés.
Fruits et légumes De tous les radionucléides étudiés, seul le tritium a présenté une activité supérieure à quelques Bq/kg sec dans les fruits et légumes. Dans le passé, on a relevé des chiffres de l’ordre de 1000 Bq/kg frais au maximum, et aujourd’hui un niveau de l’ordre de quelques centaines de Bq/kg frais au maximum, notamment pour les raisins. Cette radioactivité se retrouve dans les vins. Jusqu’en 1985 environ, la radioactivité atteignait au maximum 1000 Bq/l pour le vin issus des vignobles proches du site, et, après 1985, plusieurs centaines de Bq/l. Actuellement, les vins provenant des vignobles proches du site ont une activité de 100 Bq/l de tritium, et les vins de la région, un niveau situé entre 20 and 60 Bq/l. En général, les vins français ont une activité de l’ordre de quelques Bq/l. Terrains L’Andra parle de “quelques milliers de m3” ayant une activité de 3 TBq, en dehors du tritium. Cogéma a donné au GTC-, les chiffres suivants : 300 m3 à la Stel, 50 m3 dans la zone CDS, et 2,500 m3 pour d’autres emplacements. Le rapport du Groupe concernant Marcoule comprend des cartes et des tableaux qui inventorient les points chauds tels qu’ils ont été décrits par Cogéma. Aucune analyse des terrains n’a été menée afin de détecter une éventuelle pollution chimique. [HC 98].
Eaux souterraines Le GTC a remis les résultats de la surveillance du site et ceux de Codolet, au sud du site, en 1997. Le taux le plus important relevé pour les émetteurs alpha était de 7 Bq/l; et le niveau pour la plupart des piézomètres était inférieur au seuil de détection de 0,25 Bq/l. Le taux le plus important relevé pour le strontium 90 était de 7500 Bq/l (au piézomètre F90), et de 130 Bq/l (pour le puits F161). En général, les mesures étaient inférieures à 0,3 Bq/l. Les valeurs maximales relevées pour le tritium étaient respectivement de 1613 Bq/l, 1327 Bq/l, et 570 Bq/l. Le taux de 1613 Bq/l provient de la contamination dûe au stockage précédent des eaux tritiées, qui se faisait en plein air au CDS. Tous ces chiffres ont été relevés sur site. Les mesures effectuées en dehors du site allaient de 162 Bq/l à moins de 11 Bq/l [HC 98]. Avant 1992, Codolet tirait l’eau nécessaire d’un puits (P12) qui, au début de l’année 1980, avait un niveau croissant d’activité beta, provenant pour l’essentiel du strontium 90 et de l’yttrium 90. Lorsque la radioactivité a atteint une dizaine de Bq/l, les autorités ont réalisé un forage profond de 400 m dans les sables de l’Aptien pour remplacer le vieux puits. A cause de l’hydrogène sulfuré et du fer présent dans l’eau de ce nouveau puits, ces eaux étaient parfois diluées avec celles du forage P 12. En 1998, un nouveau forage était en cours de réalisation pour s’affranchir totalement du puits P 12 [HC 98].
Un mur souterrain taillé en forme de L sur les côtés sud et est de la Stel, conçu pour protéger les eaux souterraines au sud du site, n’a apparemment pas complètement empêché la dissémination de la contamination. [HC 98, Fig. 3]. Recommandations du GTC Un éventuel déversement sur le site aboutirait probablement à une contamination de la nappe alluviale du Rhône, mais la quantité d’eau qui passe rapidement dans le Rhône signifie que la contamination serait rapidement diluée et ne concernerait qu’un secteur de quelques kilomètres en aval du site. Les possibilités de transfert d’eaux contaminées entre la nappe alluviale du Rhône et les aquifères profonds sous-jacents, pouvant être utilisés à l’avenir comme sources d’eau, doivent être étudiées, étant donné que la contamination des aquifères ne serait pas autant diluée que celle du Rhône. Les caractéristiques de la contamination résultant des déversements sur site doivent être étudiées et le système de surveillance doit être complété afin de définir la stratégie de réhabilitation à prendre pour ces zones. Le niveau d’iode 129 relevé dans les graminées est maintenant à la limite de détection, mais il s’agit d’une valeur très supérieure aux teneurs habituelles des végétaux. Par conséquent, il est recommandé que les niveaux d’iode 129 (et de carbone 14) soient étudiés pour les fruits et légumes. Il est également important d’étudier l’éventualité d’une contamination des sols et des eaux souterraines par produits chimiques toxiques. Le GTC fait remarquer que ce type d’étude n’a pas encore été mené jusqu’ici [HC 98]. |