La France nucléaire: matières et sites

Mary Byrd Davis

 
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LIMOUSIN

BESSINES, SITE INDUSTRIEL DE

Objet : production d’uranium

Type : usine de traitement, mine, dépôts de déchets et laboratoires

Localisation : sur un terrain de 141 hectares à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne), au nord de Limoges [Cogéma 1991]

Exploitant : Cogéma et sa filiale Simo

Période d’exploitation : depuis 1958 (usine 1958-1993)

Matières premières : minerai d’uranium

Capacité nominale : usine, 1 500 t/an d’uranium

Production réelle : usine, plus de 27 000 t d’uranium en total

Les zones principales:

I. Usine de traitement de minerai

II. Entreposage d’uranium appauvri

III. Lavaugrasse

IV. Le Brugeaud

V. Zone Sepa

I. USINE DE TRAITEMENT DE MINERAI --à l’arrêt

USINE SIMO

La Simo a exploité une usine de traitement entre 1958 et 1993. Fin 1993, elle avait produit plus de 27 000 t d’uranium sous forme de diuranate d’ammonium à 75 % uranium. L’activité est passée de 950 000 t de minerai en 1981 à 115 000 tonnes en 1993. L’usine avait traité au total près de 15 millions de t de minerai [Cogéma 94a].

Les résidus de traitement ont été déposés sur les sites de Lavaugrasse et du Brugeaud jusqu’à 1987 et depuis 1987, sur les sites de Montmassacrot et Bellezane. En outre, fin 1990, 1 134 000 tonnes de sables plus grossiers obtenus par cyclonage ont été utilisées pour le remblayage hydraulique de mines souterraines non-spécifiées [Cogéma 91a].

La Simo rejetait les effluents liquides de l’usine, après traitement au chlorure de baryum et décantation, dans la Gartempe [Pradel 82 ; InfoU iii-iv.92].

La contamination du cours de la Gartempe en aval des rejets de Simo était manifeste en 1994 [Crii-Rad 94b].

Le démantèlement a été terminé.

II. ENTREPOSAGE DE SESQUIOXYDE D’URANIUM (U308) APPAUVRI

  Cogéma à réalisé un entreposage d’U3O8 en provenance de l’usine W à Pierrelatte sur une zone de 8 ha, site des anciennes aires de lixiviation statique juste au nord du Bassin de Lavaugrasse.  La zone est vraisemblablement celle de la Croix de Breuil d’où Cogéma a enlevé les résidus.  L’entreposage a été mis en service en 1998. L’autorisation porte sur une capacité de 199 900 t d’U3O8 soit 170 000 t d’uranium et est valable pendant une période de vingt ans.

Selon la demande d’autorisation, « la cadence maximale de réception retenue est de 2 000 tonnes d’oxyde par mois, la quantité annuelle dépendant de la production de l’usine W ». L’U3O8 sera déstocké et réexpédié à Pierrelatte « lorsque l’approvisionnement de l’usine d’enrichissement le nécessitera » [Cogéma 94a].  Le transport est effectué par voie ferrée jusqu’au site.  

Un arrêté préfectoral du 20 décembre 1995 avait autorisé la Cogéma à réaliser l’installation. En février 1996 un recours en annulation contre l’arrêté a été déposé. Un tribunal administratif a annulé l’autorisation en juillet 1998, mais la cour administrative d’appel de Bordeaux a renversé cette décision en novembre 1998. Le 23 mai 2001 le Conseil d’Etat a refusé d’annuler l’arrêté de la cour d’appel. Le Conseil d’Etat, comme la cour d’appel, considère que l’U3O8 appauvri ne constitue pas un déchet ultime. Adepal est condamnée à payer 20 000 francs à la Cogéma.

En mai 2001, la Cogéma avait réalisé cinq bâtiments (douze bâtiments sont prévus) et entreposait 32 000 t d’U3O8 au total [DiehlWeb01].

                                                                                                                        --Actualisé 9/701 

III. LAVAUGRASSE -- à l’arrêt

Un dépôt de résidus de traitement de minerai était situé dans un bassin de 25 ha réalisé à flanc de coteau à partir d’une digue construite avec les plus gros résidus. La hauteur de boue était voisine de 30 mètres. Le site n’a pas été classé suivant la réglementation bien qu’il relèverait d’une INB [InfoU iii-iv.92].

Le bassin a reçu des résidus provenant de :

--l’usine Simo, stockés entre 1958 et 1977, soit 5 678 000 t (141,5 TBq de radium 226) ;

--l’usine du Bouchet (Essonne), transportés entre 1973 et 1978, soit 3 500 t (moins de 1 TBq de radium 226). Le Bouchet traitait le minerai riche.

En 1993, la Crii-Rad a prélevé 10 échantillons de résidus et boues de décantation dans le bassin de Lavaugrasse et également à Bellezane et sur le Brugeaud : tous présentaient une activité massique totale supérieure à 100 Bq/g [Crii-Rad 94b].

En 1994, la Cogéma a commencé le réaménagement du bassin qui a été vindangé. Tous les résidus de lixiviation de la Croix de Breuil, soit 554 000 t, et une partie des résidus de lixiviation en tas entreposés dans la verse à stériles du Brugeaud, soit 1 253 000 t, servent à recouvrir les résidus du bassin. Le remodelage du site était en cours en février 1999 [Andra 99].

IV. LE BRUGEAUD -- à l’arrêt

Ancienne mine, installations de lixiviation, et dépôt de déchets. Le site n’a pas été classé suivant la réglementation bien qu’il relèverait d’une INB [InfoU iii-iv.92].

Pour plus de précisions 

V. ZONE SEPA (SERVICE D’ÉTUDES DE PROCÉDÉS ET ANALYSES)

Le service fonctionne à Bessines depuis 1980 pour la mise au point de procédés de traitement de minerais et la valorisation de sous-produits industriels [Cogéma 93].

Le Sepa comporte trois sections : laboratoire d’essais, laboratoire d’analyses, et pilote industriel. Depuis plusieurs années, ses projets sont centrés sur quatre marchés : l’industrie minière d’uranium (mise au point de procédés, soutien technique du réaménagement des anciennes exploitations minières) ; le traitement de l’or ; la chimie de la chaîne de l’uranium (les essais des procédés) ; la protection de l’environnement (réaménagement des sites, traitement des déchets). Le Sépa est autorisé à manipuler de l’uranium naturel et del’uranium appauvri, mais il n’est pas autorisé à manipuler de l’uranium enrichi [Comag no. 60.viii-x.96].

Un reliquat de minerais d’uranium et de terres rares non-traités par l’usine du Bouchet se trouvait sur le site en 1996. Nous ne savons pas la destination de ces minerais. L’Andra a noté : le " traitement [des minerais uranothorifères] dans l’usine de Jouac pourra avoir lieu dès que le dossier correspondant aura été examiné par l’Administration compétente " Un arrêté préfectoral du 20 décembre 1995 stipulait l’évacuation de l’ensemble de ces produits [Andra 96].

                                                                                                                        --actualisé 19/8/01