La France nucléaire: matières et sites

Mary Byrd Davis

 
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LIMOUSIN

BESSINES, SITE INDUSTRIEL DE : LE BRUGEAUD

IV.A. Mine à ciel ouvert et en galleries

Cogéma a exploité la mine pendant une dizaine d’années. L’exploitation souterraine s’est terminée en 1967 ; toute activité devait se terminer en 1973 [Amis 77 ; CEARa 67].

La mine était une cavité de 15 ha de superficie, de 130 m de profondeur avec des galeries à 260 m de profondeur. Pour creuser cette cavité, environ 20 millions de t de roches ont été extraites. La Cogéma y a extrait 600 000 t/an de minerai [OCDE 83].

IV. B. Installations de lixiviation

La lixiviation en tas de minerai pauvre a eu lieu sur le carreau de la mine de 1968 à 1971. Simo traitait également par lixiviation une partie de la verse à stérile du Brugeaud et traitait in situ le minerai dans certaines galeries.

La Cogéma et Desgraupes constatent que Simo a traité par lixiviation 8 408 000 t de minerai à 0,17%, fin 1990. Ce chiffre ne semble pas comprendre la lixiviation in situ.

Les installations ont produit l’uranate contenant 934 000 t d’uranium fin 1990 [Desgraupes 91].

IV.C. Déchets solides

Les déchets sont stockés sur deux terrains et proviennent de Bessines et de trois autres sites :

IV.C.1 LA MINE À CIEL OUVERT :

--l’usine Simo, de 1978 à 1987, soit 5 776 000 t de résidus de traitement en usine (129,5 TBq de radium 226) ;

--le Bouchet, entre 1973 et 1978, soit 6 000 t de résidus de traitement des minerais riches (moins de 1,7 TBq de radium)

--l’usine Simo, les déchets produits par le démantèlement;

--la verse de stériles du Brugeaud lui-même, 1 512 000 t de résidus de lixiviation en tas (4,7 TBq de radium). Les résidus de lixiviation se sert à recouvrir les autres déchets dans l’ancienne mine [Andra 99].

IV.C.2. UNE VERSE À STÉRILES provenant de l’exploitation minière du Brugeaud (aucun dépôt depuis 1992)

--le site Simo (le Brugeaud, la Croix-de-Breuil), 5 253 000 t de résidus de lixiviation. Entre 1968 et le début 1989, on a stocké 8 018 000 t de résidus de lixiviation (12,6 TBq de radium) dans la verse. Actuellement un total de 2 765 000 t de ces résidus de lixiviation se sert à recouvrir les déchets dans la mine à ciel ouvert au Brugeaud et dans le bassin de Lavaugrasse;

--le démantèlement du Bouchet, transportés entre 1973 et 1978, soit 16 790 t de terre et gravats et 1 900 t de ferrailles (moins d’un TBq de radium) ;

--Pierrelatte, entre 1968 et 1971, soit 18 048 fûts de déchets divers, contenant moins de 1,4 kg d’uranium 235 enrichi à moins de 6 % [Cogéma 91a].

IV. D. Effluents liquides

Pour la lixiviation in situ, l’acide était insufflé dans le sol. Selon les Amis de la Terre, « le CEA signale que 5 à 10 m3 par heure d’eaux naturelles viennent par infiltration diluer les solutions acides. A ce problème s’ajoute celui de la fuite des solutions dans le réseau hydrologique » [Amis 77].

IV. E. Aménagement

L’aménagement est en cours. La Cogéma a pompé l’eau qui recouvrait les résidus dans la mine à ciel ouvert et a ajouté des résidus de lixiviation en tas de minerai pauvre provenant de la verse de stériles du Brugeaud [InfoU v-vi.94; Andra 99]. En février 1999, elle poursuivait le remodelage du site.

IV. F. Autres problèmes

Le Brugeaud est le site d’un ancien hameau « qui a disparu (procédure d’expropriation ou règlement à l’amiable, nous l’ignorons) (Š) La rivière la Gartempe passait au travers du gisement : elle a été détournée de son cours sur plus de 700 mètres » [Amis 77].

 

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