PROVENCE-ALPES-COTE D’AZUR CENTRE DE CADARACHE VI. ENTREPOSAGE DE DÉCHETS ET DE VIEUX COMBUSTIBLES IRRADIÉSLe parc d’entreposage de déchets radioactifs (INB 56) — onze hangars. Le Hangar 1 sert à entreposer le sulfate de plomb radifère provenant du Bouchet, une partie via le centre de stockage de la Manche, entre autres déchets. Des hangars supplémentaires servent à entreposer des déchets des catégories dites A et B, y compris, en 2000, 3 960 fûts de boues provenant de la Stel contaminées en plutonium et en uranium et placées là en entreposage de longue durée. Selon un dossier de presse, les onze hangars entreposent au total 450 m3 de déchets de catégorie A, 6 200 m3 de déchets de catégorie B et peu irradiants, et 2 700 m3 de déchets faiblement radioactifs mais contenant du radium [CEAPr 18.xi.99]. Les cendres provenant de l’incinération sont entreposées en fûts dans le parc en attendant que l’Andra agrée un mode de conditionnement. En 2000, 316 fûts de cendres (78 de 100 l et 238 de 220 l) se trouvaient dans ces hangars [DSIN 99; Andra 99 et 00] ; — six fosses couvertes doublées de béton renforcé d’asphalte. Le CEA utilisait les fosses surtout pour les déchets provenant de CFCa, lesquels n’étaient pas susceptibles de traitement. Les déchets comprenaient du plutonium ou de l’uranium sous forme pyrophorique [CDRPC 94]. Au moins l’une des fosses possède des puits d’entreposage pour les déchets irradiants de haute et moyenne activité. Le CEA a entreposé après compaction et reconditionnement, dans la fosse 6, des colis de déchets irradiants provenant des puits de Fontenay-aux-Roses et de Saclay [CEAD 96]. L’inventaire 2000 de l’Andra comptabilise, pour toutes les fosses, 800 m3 de déchets (contaminés alpha, bêta et gamma) en vrac et des déchets solides (contaminés au césium, au plutonium, et à l’américium) en 859 colis acier de 500 l. Le rapport d’activité 1999 de la Direction de la Gestion des Déchets du CEA présente l’évacuation des colis irradiants de Fontenay-aux-Roses, Grenoble et Saclay vers Cadarache, la compaction de ces déchets, et l’entreposage en fosses comme une activité continue [CEAD 99] ; — trois piscines, dont deux contiennent d’anciens combustibles UNGG. La reprise des combustibles expérimentaux pour un reconditionnement dans l’installation Star a débuté en 1995 et devrait être achevée vers 2006 [CEAPr 18.xi.99] ; — cinq tranchées en pleine terre, utilisées entre 1969 et 1974 [CEAD 96] pour des déchets parmi lesquels certains sont contaminés par du plutonium. Les 3 000 m3 de déchets ont été conditionnés en fûts et sacs vinyle. Les autorités surveillent la nappe phréatique au-dessous des tranchées, ce qui indique que celles-ci ont contaminé ou peuvent contaminer la nappe aquifère du Vindobonien, située en-dessous à une profondeur de 6 à 12 mètres [CDRPC 94]. À la suite d’un chantier pilote, la reprise des déchets a débuté en 1999 et doit s’achever en 2003 [Con viii.99] ; — un entreposage pour des déchets très faiblement radioactifs. Selon la Direction de la Gestion des Déchets du CEA, Cadarache a mis en exploitation en décembre 1997 " un entreposage sûr pour les déchets TFA du CEA ", et la DSIN indique que les déchets TFA du CEA sont accueillis à Cadarache depuis 1998 dans un entreposage dédié [DSIN 00]. Mme Rivasi indique qu’ " un hangar de 13 300 m3 accueille des déchets TFA hors ferrailles, provenant de l’ensemble des sites " et que ce hangar fait partie de l’INB 56 [Rivasi 00]. Un tel hangar n’est pas clairement mentionné dans l’inventaire des déchets établi par l’Observatoire de l’Andra. En 2000, l’Observatoire indique que le bâtiment 367 de l’INB 56 entrepose les déchets suivants : "Open-Top 16 m3 (quantité 412) ; fûts de 870 litres (quantité 401) ". Bâtiment 411 Le bâtiment 411 abrite un entrepôt de 2 265 t de thorium sous forme de nitrate cristallisé produit par le traitement d’uranothorianite au Bouchet. Cogéma est propriétaire du nitrate de thorium. Ces composés de thorium " constituent des matières nucléaires sans emploi ", selon l’Andra [00], et n’entrent donc pas dans son inventaire des déchets. Dans ce bâtiment sont entreposés également 25 fûts de 200 l de résidus de traitement de minerais de terres rares, qui constituent des déchets. Ces résidus proviennent de la société Orflam-Plast (voir Pargny-sur-Saulx dans la section Champagne Ardenne) [Andra 00]. Bâtiments 420 et 465A Depuis 1995, il s’agit d’entrepôts contenant 5 120 t de résidus du traitement de la monazite – traitement consistant à séparer les terres rares – provenant de l’usine Rhône-Poulenc de La Rochelle. Rhône-Poulenc a obtenu une autorisation d’entreposage d’un maximum de 8 000 t de résidus pour sept ans à Cadarache. Ces résidus contiennent 1 % de thorium 228 et 232 et 0,08 % d’uranium 238 avec des traces de radon 226 et 228 [Andra 99, 00 ; Mer 27.viii.92]. Une enquête publique concernant la prolongation de la durée de l’entreposage a eu lieu en janvier et février 2000. Les résidus resteront ; mais, pour éviter des transports, les fûts détériorés ne seront plus retournés à la Rochelle pour le reconditionnement, qui sera effectué sur place à Cadarache. De plus, l’Andra est chargée de trouver une solution rapide pour l’évacuation des déchets. Pégase (INB 22) En 1980, la piscine et le bassin de stockage du réacteur Pégase, qui a été partiellement démantelé, ont été convertis en installation d’entreposage pour les déchets actifs. Le bâtiment a principalement été employé pour l’entreposage d’anciens combustibles, théoriquement en attente de retraitement, et de récipients métalliques contenant des produits secondaires de la fabrication de combustibles à l’ATPu [CNE 98]. En juillet 2000, selon l’Andra, un local de Pégase servait à entreposer 2 714 fûts contenant au total de l’ordre de 65 kg de plutonium, 50 kg d ’uranium naturel, et 232 kg d’uranium appauvri. Ces déchets proviennent de la fabrication du combustible Mox [Andra 00]. La Direction de la Gestion des Déchets du CEA indique qu’en 1999, 4 t de combustibles Caramel provenant d’Osiris à Saclay ont été acheminées vers Pégase pour conditionnement avant un entreposage à sec dans Cascad [CEAD 99]. Cascad (la Casemate de Cadarache) (INB 22) Il s’agit d’une extension de Pégase, autorisée en 1989, permettant l’entreposage à sec de combustibles irradiés pendant une durée maximale de 50 ans. Elle se compose d’une structure en béton contenant 319 puits métalliques verticaux, dans lesquels le combustible est entreposé dans des conteneurs en acier. Les puits sont refroidis par convection naturelle, mais un système de ventilation et de filtration est disponible. Le bâtiment est prévu pour résister à un séisme de niveau IX à l’échelle MSK [SN xii.89]. --actualisé le 15 mars 2004 Technicatome ? (INB-S) Environ 200 t de déchets dits de faible activité, provenant de la mise au point ou de l’exploitation des réacteurs d’essais de la propulsion navale sont entreposées dans l’installation " Propulsion Navale ". " L’entreposage des matériels pendant plusieurs dizaines d’années est destiné à optimiser les opérations futures d’assainissement et de démantèlement " [Andra 00]. À la demande du Haut Commissaire à l’énergie atomique, l’établissement de Cadarache-Technicatome doit procéder à une demande de renouvellement de ses autorisations de rejets gazeux et liquides [Con xi.00]. LA SISMICITÉ La faille de la moyenne Durance a été le siège de " séismes destructeurs (atteignant parfois une intensité VIII sur l’échelle MSK) notamment en 1509, 1708, 1812, et 1913 " [IPSN 94]. Parmi les centres du CEA, " c’est au centre de Cadarache que la sismicité est la plus importante (on peut raisonnablement s’attendre à des secousses de l’ordre de 8 à 9) " [Robert 70-71]. Comme il a été mentionné plus haut dans la section concernant l’ATPu, la sismicité dans la région de Cadarache " accuse une recrudescence significative depuis la fin décembre 1993 " [IPSN 94 ; Wise ATPu 00]. Pour les bâtiments dont la fissuration pourrait être dangereuse, des mesures particulières ont été prises. Pourtant, les bâtiments les plus anciens du Centre n’ont pas pu bénéficier des premières règles de construction parasismiques dignes de ce nom, qui datent de 1969 – comme notamment l’ATPu (voir ci-dessus). Le réacteur Phébus a fait l’objet d’une remise aux normes [Libé 13.v.93]. --actualisé 18/8/01 |