PROVENCE-ALPES-COTE D’AZUR ETABLISSEMENT DE MIRAMAS Objet/type : usine de production de lithium 6 à des fins militaires et de lithium 7 et de bore pour des usages civils ; magasin d'entreposage d'uranium Localisation : site d'une ancienne poudrerie, sur la commune d'Istres, en limite de l'agglomération de Miramas (Bouches du Rhône) Surface: 37 ha Exploitant : depuis 1976, Cogéma-Areva NC ; antérieurement le CEA Période d'exploitation : depuis 1961. (Une unité pilote a été exploitée sur le site en 1961 ; l'établissement a été créé officiellement en 1962) Capacité nominale/production réelle : ? Déchets : contaminés au mercure
Les installations qui produisaient le lithium ont été arrêtées le 21 juillet 2000; et celles qui produisaient le bore, en 2001. Ces installations sont en cours de démantèlement en 2007. Le démantèlement devrait terminer en 2008-2009. En 2004 Miramas recyclait le lithium, préparait et vendait le lithium 7, et fabriquait l'alliage d'aluminium/lithium. Un atelier de chimie et de métallurgie, un laboratoire de contrôle, et des installations annexes pour la production de fluides auxiliaires étaient encore en service [Areva 04a].
En 2004 Cogéma a transmis à l'ASN un dossier de demande de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement du magasin d'entreposage d'uranium, INB 134. En 2005 les opérations de nettoyage et des cartographies radiologiques ont été réalisées [ASN 05]. Lithium-6 et ses composés Le procédé est secret, mais, semble-t-il, la Cogéma enrichissait le lithium en lithium-6 par un échange chimique en colonnes, utilisant un amalgame de lithium et une solution aqueuse de lithine (LiOH). L'amalgame (une solution lithium/mercure) était probablement préparé par électrolyse en se servant du mercure comme cathode. La Cogéma utilisait la lithine enrichie en lithium-6 pour la préparation de lithium métal, de l'hydrure de lithium (LiH) et du deutéride de lithium (LiD). Le lithium métal destiné aux réacteurs Célestin de Marcoule part de Miramas sous forme d'alliage lithium/aluminium. La production de lithium-6 avait lieu principalement dans l'atelier isotopie (bâtiment 196) et l'atelier élaboration (bâtiment 195). La séparation isotopique avait lieu dans des modules séparés désignés sous les noms de Pam 1, Pam 2… Le risque mercure, en particulier dans l'atelier isotopie, était très important. Au cours des années pour lesquelles nous disposons de documentation, les fuites et les contaminations étaient fréquentes [CDRPC 94]. Le CEA mentionne dans son rapport annuel 1993 : « La Cogéma et le CEA ont engagé un programme pour développer un nouveau procédé de séparation isotopique du lithium compatible avec des normes de protection de l'environnement de plus en plus sévères. » Ce qui indique que les techniques précédemment utilisées n'étaient guère satisfaisantes. Déchets mercuriels Effluents atmosphériques En 1995, selon la Cogéma, les rejets contenaient 12,1 kg de mercure, en réduction importante depuis 1984 où ils s'élevaient à 260 kg/an de mercure [Miramas 84]. Effluents liquides En 1995, les rejets dans les eaux s'élevaient à 0,4 kg de mercure [Cogéma 95], alors qu'ils étaient de 10 kg/an en 1984. Cette réduction de 90 % des quantités de mercure rejetées dans l'étang de Berre, s'est effectuée à la suite d'une demande de 1972 du Comité interministériel d'action pour la nature et l'environnement [Miramas 84]. Effluents mi-solides mi-liquides Boues de nettoyage des cuves et des caniveaux, et gâteaux résidus de filtres en provenance de la Stel (environ 60 fûts/an). En 1984 la Société nouvelle d'affinage des métaux (Snam) de Lyon traitait toutes les boues. La Snam devait récupérer le mercure et le restituer ou le vendre et elle devait stocker sur son site les scories et les déchets de traitement. Qu'en est-il aujourd'hui ? [Miramas 84] Déchets solides En 1995, 5,9 t de déchets mercuriels produits et entreposées sur le site. Au total, 58,8 t y étaient entreposés fin 1995 en attendant un traitement [Cogéma 95]. En 1984, les déchets solides étaient constitués de cartouches de filtres, gâteaux de centrifugeuse en provenance de la Stel, résines, laine d'argent, terres et/ou bétons démantelés suspects et graphite de décomposeur. La Snam traitait ces déchets. D'autres déchets étaient évacués après décontamination locale au moyen d'eau chaude sous pression [Miramas 84]. Autres déchets Les autres déchets solides comprenaient l'hydrure de lithine non utilisée et non récupérable et peut-être la lithine appauvrie en lithium-6. Dans les années 70, on brûlait la lithine. Les documents disponibles ne mentionnent pas si Cogéma considerait la lithine qui est un sous-produit de l'enrichissement en lithine-6, comme un déchet ou si elle l'utilisait pour la production de lithium enrichi en lithium-7 [CDRPC 94]. Stockage d'uranium En exploitation depuis au moins 1980, le magasin est autorisé à stocker jusqu'à 2 000 t d'hexafluorure d'uranium et « des composés solides et stables d’uranium naturel ou appauvri dans la limite de la place disponible » [JO 19.xi.83]. En 1995 il abritait un entreposage de 14 000 t d'oxyde d'uranium appauvri (U308) et de 1 800 t d'uranates d'uranium naturel, des concentrés provenant des mines françaises ou étrangères [Cogéma 95]. En 2000 les conteneurs cubiques verts d'U308 étaient empilés sous un toit attenant au bâtiment élaboration. L'uranium appauvri a été expédié par voie ferroviaire vers Pierrelatte en 2002 et 2003. Depuis le début 2004 le magasin est vide [Areva 04a]. --actualisé 1/19/07 | |||
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