RHÔNE-ALPES CENTRE D’ÉTUDES NUCLÉAIRES DE GRENOBLE (CEN-GRENOBLE) Objet : recherche théorique et appliquéeType : centre officiellement civil, mais aspects militaires Installations : pilotes et laboratoires, réacteurs, entreposage de déchets Localisation : à 2 km au nord-ouest du centre-ville de Grenoble (Isère) Exploitant : Commissariat à l’énergie atomique Période d’exploitation : depuis 1956 Matières nucléaires manipulées : plutonium, uranium, lithium, tritium, deutérium, thorium Le CEA y a réduit ses activités nucléaires. Les principaux domaines de compétence à ce jour sont la recherche fondamentale et appliquée non nucléaire—physique de l’état condensé, électronique, biologie, et matériaux-- et la recherche appliquée consacrée au développement des filières de réacteurs nucléaires, principalement concernant les aspects thermo-hydrauliques. Les installations principales portant sur la chaîne de combustible comprennent: LABORATOIRES ET PILOTES Laboratoire central d’analyses et de contrôle des matériaux nucléaires (LCAC) (Bâtiments K et Ks) LCAC, exploité de 1968 à 1982, effectuait l’analyse fine de composés de thorium et d’uranium, de solutions de produits de fission et de transuraniens. Le démantèlement au niveau 3 a été achevé en 1995 [CEAD 93, 98]. Laboratoire d’analyses de matériaux actifs (lama) Ce laboratoire effectue l’étude de combustibles irradiés à base d’uranium ou de plutonium (en particulier en provenance des réacteurs de recherche) et de matériaux de structure des réacteurs. Mis en service en 1968 ou plus tôt, le laboratoire comprend une partie "haute activité" ; et une partie "très haute activité," dénommée le Laboratoire de très haute activité (LTHA). La partie "haute activité" est constituée de six cellules blindées de plomb; le LTHA est constitué d’une chaîne de six enceintes en béton baryté. Selon un document du CEA, LAMA comprend un four de fusion du sodium, qui doit recevoir du sodium provenant de Siloé [CEAPr 29.iv.99]. Pourtant, des articles de presse affirment que 50 kg de sodium et potassium, qui servaient au refroidissement des expériences, seront envoyés à l’installation Aténa de Marcoule (dont la construction est toujours en projet) , pour y être détruits.[LeMo 25.vi.99; Echo 3.v.99]. PROBLEMES Les déchets du LAMA comprennent 92 t de plomb et de ferrailles, que le centre a confiés à la société Radiacontrôle au cours de l’hiver 1992/93, afin qu’elle procède à leur décontamination dans son établissement de Pierrelatte. Ils présentaient une activité de 1,5 milliard de Bq. Le centre a accepté des certificats de contrôle de l’entreprise Radiacontrôle, sans demander de preuves quant à la destination précise des déchets.. Les autorités ont appris quelques temps plus tard que les opérations de décontamination menées par Radiacontrôle ne respectaient pas la réglementation. Lors d’un contrôle Euratom, le 27 juin 1997, le CEA a découvert qu’un crayon irradié de combustible Mox qui, selon l’inventaire comptable des matières nucléaires, était inscrit comme figurant dans le site d’entreposage de LAMA, était en fait manquant. [Con iii.99]. Le crayon manquant n’a jamais été retrouvé. La DSIN affirme qu’il a probablement été envoyé au Centre de la Manche "dans des coques de béton contenant des déchets radioactifs" [DSIN 99]. Laboratoires de la section de génie chimique Une brochure de présentation du centre exposait, en 1988, l’importance des travaux effectués : " Depuis 1960, la section de génie chimique de Grenoble développe principalement des procédés de séparation isotopique, grâce à ses compétences en génie chimique et en électrochimie. --Les études sur le lithium se sont concrétisées par les réalisations industrielles de l’usine de Miramas ; elles se poursuivent par la recherche de nouveaux procédés. --Les études sur l’uranium concernent exclusivement l’enrichissement isotopique : --par diffusion gazeuse (jusqu’en 1971) ; --par ultracentrifugation (de 1963 à 1969) ; --par traitements chimiques . . . --par procédé laser, avec la mise au point (de 1979 à 1982) d’un four à vapeur d’uranium. --Les études sur les isotopes de l’hydrogène qui ont commencé par la mise au point de procédés de production d’eau lourde de 1967 à 1973, se poursuivent actuellement avec la production française de deutérium " [CEAG 88]. Les projets de la section du génie chimique ont compris le Pilote PC4 pour l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse; et les Pilotes PL4, PL8, et PL81 pour l’enrichissement de l’uranium par traitement chimique (Chemex). PL81 était en service en 1987-88 [NucF 26.i.87; CEARa 88]. Les installations Chemex semblent avoir été situées dans une installation nucléaire de base secrète (INB-S) dépendante du ministère de l’industrie et incluse dans le périmètre du centre [Andra 96]. Selon l’Andra, le démantèlement d’INB-S était en cours en 1999 [99]. (Pour les déchets, voir ci-dessous.) Siloé Objet : recherche fondamentale et appliquée et production de radioélémentsType : piscine à coeur ouvert Période d’exploitation : depuis 1963-1997 Puissance : 35 MW thermique Combustible : plaques à uranium enrichi à 93 % ; ensuite combustible siliciure Modérateur et réfrigérant : eau ordinaire Siloé utilisait le combustible uranium/aluminium à uranium hautement enrichi (masse critique minimale : 5,5 kg) ; mais en 1996 Siloé aurait été chargé de combustible siliciure à 5-6 g d’uranium par cm3, enrichi à moins de 20 % [NucF 9.ix.96]. Tout le combustible MTR provenant de Siloé qui était entreposé à Grenoble en 1995 a été retraité à Marcoule en 1996. Le combustible siliciure ne peut être retraité par le procédé Purex, utilisé à la Hague. [CEAD 96 et 98]. Un dossier de presse du CEA indique que les combustible qui était présents à Siloé en 1999 sera expédié vers Pégase et Cascad à Cadarache pour y être entreposés. [CEAPr 29.4.99]. La destination précise attribuée au sodium de Siloé n’est pas connue (voir LAMA et Sted). Siloé posséderait également un laboratoire de produits de fission et une cellule chaude [Con vi.97]. Les expérimentations d’irradiation ont été transférées de Siloé vers Osiris à Saclay. La recherche fondamentale effectuée à Siloé est poursuivie à Orphée à Saclay, et à RHF à Grenoble [LeMo 28.vi.99]. L’assainissement de Siloé devrait durer toute l’année 2003, et le démantèlement au niveau 2 ou 3 hors génie civil devrait être effectué entre 2004 et 2007 [CEAD 98, 99]. Siloette Objet : formation du personnel principalementType : maquette critique de Siloé Période d’exploitation : depuis 1964 Puissance : 100 kW thermique Combustible : plaques à l’uranium enrichi à 93 % (masse critique minimale de 3,9 kg) Une partie du combustible a été retraité aux Etats-Unis, et peut-être également à Eurochemic en Belgique, mais il restait encore d’anciens coeurs en 1992 [CEARa 65 and 66; 92b]. En 2000, il a été affirmé que Siloette, qui sert à la formation du personnel pour les réacteurs d’EDF, resterait en service pendant plusieurs années [DSIN 00]. Selon la Direction de la Gestion des Déchets du CEA, son assainissement devrait être effectué en 2003, et son démantèlement entre 2004 et 2005 [CEAD 98]. Mélusine--à l’arrêt Objet : recherche fondamentale et technologique et la radiographieType : piscine à coeur ouvert Période d’exploitation : 1958-1988 Puissance : 1 MW thermique, portée à 8 MW thermique en 1971 Combustible : plaques à uranium enrichi à 93 % L’état de mise à l’arrêt définitif a été annoncé en 1994 [DSIN 99]. Le démantèlement auniveau 2 ou 3 hors génie civil devrait commencer en 2001, et durer jusqu’en 2004 [CEAD 98]. L’Andra prévoit que le démantèlement va produire 8 m3 de béton et 140 m3 de ferrailles ayant une contamination supérieure à 100 Bq/g, et 3 m3 de béton, 60 m3 de rebuts métalliques, et 20 m3 d’autres déchets ayant une activité de moins de 100 Bq/g. [Andra 99]. DECHETS La station de traitement des effluents et déchets solides (Sted ; INB 36) Exploitée depuis les années 50 ou 60, la Sted recevait, traitait et stockait des effluents liquides et solides du Cen, de l’Institut Laue-Langevin et peut-être également " de certains autres laboratoires de la ville "[CEAD 93]. Les installations comprenaient une installation de compactage, un ou deux incinérateurs, un évaporateur, et une installation de bitumage. Aujourd’hui, le CEA évacue certains des effluents liquides aqueux du Cen vers les Centres de Cadarache ou de Saclay pour y être traité [DSIN 179] ; il ne traite plus les effluents liquides de l’Institut [DSIN 00]. La Sted entrepose, entre autres matières, 72 m3 d’effluents aqueux et 10 m3 d’effluents organiques en cuves. L’exutoire de ces effluents restait à définir en 2000 [Andra 00]. L’incinérateur en service brûle des déchets solides et des déchets liquides organiques "faiblement" radioactifs. L’incinération du PVC est interdite. Les déchets solides de " faible et moyenne activité sont soit incinérés, soit compactés." Ils sont ensuite enrobés ou bloqués dans du ciment [DSIN 00]. Un réacteur chimique, qui traite le sodium-potassium par hydrolyse, se trouve également sur le site de la Sted [CEAPr 29.iv.99; Con xii.98]. Il est censé détruire le sodium-potassium provenant des expérimentations menées à Siloé [Echo 3.v.99]. La Sted a été désignée comme "unité pilote" pour définir les modalités d'expédition de déchets du CEA vers Centraco : " création d’un nouveau type de colis, reconditionnement et caractérisation des déchets entreposés, prise en compte des spécifications d’acceptation à Centraco (…) " [CEAD 99]. Une installation de stockage provisoire de décroissance de déchets radioactifs (INB 79) Comprenant des puits, , l’installation stocke 10 m3 de déchets contaminés au césium 137 et au cobalt 60, avec, au total, une contamination de 2,5 PBq [Andra 00]. L’inventaire 1999 de l’Andra constatait également l’activité due au plutonium 239 (4,6 Gbq) et d’autres isotopes qui émettent des particules alpha (8,53 GBq). L’exutoire est à définir. Déchets évacués du centre EFFLUENTS ATMOSPHERIQUES L’autorisation de rejets, publiée dans le Journal Officiel le 23 avril 1995, permet de rejeter jusqu’à 10 TBq par an pour les gaz autres que le tritium, 20 TBq pour le tritium, 3 GBq pour les halogènes et 0,3 GBq pour les aérosols. EFFLUENTS LIQUIDES L’autorisation permet des rejets d’1 GBq pour les radioéléments autres que le tritium, 100 MBq pour les émetteurs alpha et 500 GBq pour le tritium. Comprenant des puits, l’installation stocke 10 m3 de déchets contaminés au césium 137 et au cobalt 60, avec, au total, une contamination de 2,5 PBq [Andra 00]. L’inventaire 1999 de l’Andra constatait également l’activité due au plutonium 239 (4,6 Gbq) et d’autres isotopes qui émettent des particules alpha (8,53 GBq). L’exutoire est à définir. DECHETS SOLIDES Les déchets solides comprennent les déchets douteux qui proviennent essentiellement de l’assainissement et du démantèlement. Les déchets du démantèlement des unités Chemex ont été évacués, selon leur activité et le niveau de mercure, à la décharge de Saint-Quentin, Jean-Perrin (Isère) ; à la décharge de Bellegarde (Gard) ; aux Aciéries du Haut-Languedoc ; à la Socatri, pour décontamination jusqu’à moins de 1 Bq/g, puis Ascometal (Fos-sur-Mer) ; et à Pierrelatte pour être pris en charge. Les déchets à moins de 100 Bq/g mais plus de 10 Bq/g alpha et moins de 10 ppm mercure (gravats) étaient, en 1991, " en attente de décision soit pour l’Andra soit pour Lodève " [Lallement 91]. L’Andra affirme que 73 m3 de déchets d’uranium naturel avec une activité alpha de 320 MBq étaient stockés en 2000 à Grenoble (exutoire à l’étude) [00]. --actualisé 24/8/01 |