La France nucléaire: matières et sites

Mary Byrd Davis

 
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RHÔNE-ALPES

TRICASTIN/PIERRELATTE

Objet : conversion et enrichissement de l’uranium et production d’électricité

Type : site de production militaire et civile

Localisation : superficie de 600 hectares sur la plaine de Tricastin

à Bollène, Pierrelatte et Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme)

Période d’exploitation: depuis 1960

Matières manipulées : uranium, lithium

En 1992, le site comportait 162 installations classées pour l’environnement (ICPE) et 9 installations nucléaires de base (INB). En l’an 2000, les installations principales par exploitant comprennent:

I. CEA Valrho, laboratoires et pilotes d’enrichissement

II. Cogéma/Areva NC, usines d’enrichissement et de conversion

III. Comurhex, usines de conversion

IV. FBFC, ancienne usine de fabrication de combustible

V.i. Eurodif Production, usine d’enrichissement par diffusion gazeuse

V.ii. SET, usine d'enrichissement par centrifugation

VI. Socatri, installation d’assainissement, récupération

VII. EDF, installation d’entretien des matériels; centrale

VIII. Problèmes concernant le site de Tricastin en général

Près de la moitié du site de Tricastin/Pierrelatte est occupée par une INBS composée de toutes les installations du CEA et de la plupart des installations de Cogéma. Une installation de stockage de trifluorure de chlore (ClF3) appartenant à Eurodif est située à l’intérieur de l’INBS [HC 98].

Les installations civiles de Cogéma sont l’installation TU5, l’usine W, un bâtiment extension de l’usine W et les unités associées. Ces installations forment ensemble l’INB 155 civile, connu également sous le nom de " INB chimie de l’uranium ". L’INB 155 est située à l’intérieur des limites physiques de l’INBS militaire. (A proprement parler, de toutes les parties de l’INB 155, seule l’installation TU5 est une INB, les autres installations sont des ICPE qui sont officiellement rattachées à l’INB).

Tricastin va-t-il devenir le site d'un 3ème EPR?

 Selon un article paru dans le Dauphiné Libéré, GDF-Suez réalise de nouvelles études autour du site nucléaire du Tricastin en vue de demander l'autorisation d'y construire un 3ème Réacteur à Eau Pressurisée Européen (EPR). En janvier 2009, lorsque le président Sarkozy a confirmé que le gouvernement avait décidé de confier la construction d'un 2ème EPR français à EDF, il était sous-entendu que GDF-Suez, rival d'EDF, serait probablement chargé de la construction d'un 3ème EPR français, non annoncé jusqu'à présent.

 En mai 2008, avant de fusionner avec GDF, Suez a effectué des essais géophysiques et géotechniques autour de Tricastin pour voir si le site était apte à abriter un réacteur de grande taille. Ces essais se sont révélés positifs. Les études de février à novembre de cette année visent à contrôler l'état de l'eau, du sol, de la flore et de la faune du site et de son environnement.

Le 11 février de cette année, le conseil municipal de Pierrelatte a autorisé Areva à acquérir un triangle de terrain d'une surface de 3 hectares au nord-ouest du site, soit près des précédentes installations du CEA. Le conseil a également manifesté son intention de construire une 3ème réserve en eau - afin de fournir de l'eau à la ville, mais aussi et surtout à Areva, qui a besoin de "'60 m3 par heure d'eau potable dans des délais très rapides'" [Daulib 28.v.09].

En juin 2009, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie et de l'Energie, a annoncé lors d'une conférence de presse que la France n'aura pas besoin de commencer la construction d'un 3ème EPR avant 2020. Après 2020, il se peut que le gouvernement ait à reconsidérer la possibilité d'un 3ème réacteur si l'ASN n'autorise pas le prolongement de la durée de vie des centrales actuelles au-delà de 30 ou 40 ans [AFP 3.vi.09].

--actualisé le 6 juin 2009

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