RHÔNE-ALPES TRICASTIN/PIERRELATTE (DEPUIS MARS 2006 AREVA NC), USINES D’ENRICHISSEMENT ET DE CONVERSIONII.A. Usine “militaire” d’enrichissement de l’uranium Installations : 4 “usines”, selon le niveau d’enrichissement Période d’exploitation : 1964-1996 Procédé : diffusion gazeuse Matière première : UF6 provenant de Comurhex Capacité nominale : estimée à entre 2 et 3 t/an d’uranium hautement enrichi Production réelle : estimée à 54 t d’uranium hautement enrichi à plus ou moins 20 %, en 29 ans Pendant le procédé d’enrichissement, l’uranium passait de l’un à l’autre des quatre bâtiments principaux : usine basse (mise en service en 1964, enrichissement à 2 %) ; usine moyenne (1965, à 6-8 %) ; usine haute (1966, à 25 %) ; usine très haute (1967, à 90 % et plus). Les usines basse et moyenne ont été fermées en 1982. En 1984, Pierrelatte avait pris un rythme de fonctionnement de 7 mois par an. Une partie de l’usine moyenne a été rattachée à l’usine haute et remise en service. En 1990, l’installation était constituée de 1 328 étages regroupés en 89 groupes répartis en trois usines [Delacroix 90]. La capacité nominale est secrète, mais la plupart des estimations se situent entre 400 000 et 600 000 UTS/an. Avec une capacité de 500 000 UTS/an, Pierrelatte pourrait avoir produit environ 2,5 t/an d’uranium de qualité militaire dans le cas où l’uranium appauvri (les queues d’enrichissement) serait sorti à 0,3 % en uranium 235 [Albright 97]. Production/activités Pendant ses premières années de fonctionnement, l’usine n’a été utilisée que pour des objectifs militaires français. Néanmoins, vers 1970, la France a fourni 2 t d’uranium enrichi à l’Italie pour la maquette critique d’une chaufferie de sous-marin [CEANo ii.70]. En 1973, le CEA a annoncé qu’“ une part non négligeable de son activité est désormais orientée vers des fins civiles ” [CEARa 72]. L’usine de Pierrelatte a fourni de l’uranium à quelques clients étrangers dont Synatom en Belgique, K.K. Kaiser en Suisse et Escom en Afrique du Sud ; au CEA pour le réacteur Phénix et à EDF, qui a également acheté des services d’enrichissement à l’étranger. En 1980, la partie haute de l’usine d’enrichissement travaillait toujours pour les militaires et l’usine basse servait d’usine de tête à Eurodif. Eurodif ne pouvait pas encore enrichir l’uranium à 3,5 % mais seulement à 2,1 %. Donc, l’UF6 était transporté à Pierrelatte pour obtenir l’enrichissement nécessaire [Comag ii-iii.80]. Eurodif a atteint sa capacité nominale en juin 1982, et l’usine basse a été fermée cette même année. Le remplacement des têtes puissantes à fission d’uranium dopées avec du tritium (les MR-41), qui utilisaient 75-125 kg d’uranium chacune, par les têtes thermonucléaires à deux étages qui utilisaient relativement peu d’uranium, a conduit à réduire la production d’UHE. L’uranium qui était en cours d’utilisation à Tokaimura au Japon, le 30 septembre 1999, lorsque s’est produit un accident de criticité, a été “enrichi à environ 19% pour utilisation dans un réacteur de recherche . . . à Pierrelatte, mais avant la mise à l’arrêt des unités militaires” [CIGEET 23.xii.99]. On peut se demander dans quelles autres installations l’uranium hautement enrichi de Pierrelatte a également pu être utilisé.. On estime que Pierrelatte a produit au total 9,2 millions d’UTS, avec un pourcentage d’erreur possible de plus ou moins 30 %. Les têtes nucléaires mises à part, l’uranium enrichi a été utilisé pour les réacteurs civils, les Célestin, les réacteurs navals et les essais nucléaires, au total (avec une perte de 3 %), entre 4,0 et 4,8 millions d’UTS, soit 22 à 26 t d’uranium. Ces chiffres laisseraient environ 4,4 à 5,2 millions d’UTS pour les têtes nucléaires. Les têtes, contenant chacune 15-30 kg, ont absorbé 7,4 à 14,8 t d’uranium de qualité militaire [Albright 97]. Déchets En 1968, la moitié des barrières de diffusion gazeuse en service dans l’usine basse ont été remplacées dans le but d’améliorer la performance de l’usine. D’autres barrières ont dû être remplacées plus tard. En raison du secret militaire, il était impossible de les sortir de l’usine. Au moins une partie de ces barrières a été ensevelie sur le site [CDRPC 94] (voir plus loin). Pour les autres types de déchets, voir ‘déchets’ sous la section Eurodif. Démantèlement Le rapport du Groupe de Travail sur la Contamination Radioactive et Chimique des Sites INBS (GTCRCS), publié en décembre 1998, a constaté qu’on avait procédé à des opérations de rinçage des usines haute et très haute, ainsi qu’à l’opération dite de "macération" au trifluorure de chlore (ClF3) (qui consiste à extraire l’hexafluorure d’uranium accumulé dans les circuits des usines haute et très haute) préalablement au démantèlement. De plus, des opérations pilotes étaient en cours pour qualifier les procédés de démantèlement [HC 98]. M. Bataille a noté que, " L’uranium résiduel (…) récupéré, ainsi que l’uranium déjà enrichi, représentant "l’en cours" de la fabrication, constitueront un stock restant à la disposition de la Défense nationale " [Bataille 97]. Pendant la réunion de la CIGEET du 28 décembre 1998, la Cogéma a déclaré qu'une" Une autorisation de l’Autorité de Sûreté a[vait] été obtenue pour commencer le démantèlement de l’usine basse, point de départ du démantèlement complet qui s’étalera[it] sur une période de 5 à 10 ans." A la réunion de la CIGEET du 30 juin 1999, la Cogéma a constaté que les " travaux de démantèlement de l’usine dite ‘militaire’ " avaient démarré. Si l’uranium de retraitement a été utilisé dans la cascade, comme c’est probablement le cas, le présence de technétium 99 et de thallium 228 peut rendre plus difficile le démantèlement (voir Autres problèmes sous Eurodif ci-dessous). Le démantèlement devrait coûter environ 1,8 milliard de francs [Bataille 97]. Selon les indications de la Cogéma, le ministère de la défense devrait prendre en charge les frais du démantèlement [NucF 15.vii.96]. Selon M. Bataille, " La rapidité d’exécution de ces travaux dépendra étroitement de l’évolution des budgets de la Défense nationale mais il y a des opérations, nécessaires pour assurer la sécurité du site, qui ne pourront de toute façon pas être différées " [Bataille 97]. En 2000 les installations étaient en cours de démantèlement pilote. Les déchets entreposés sur place en septembre 2000 en attente d’opérations de décontamination et de conditionnement consistaient en 2 707 t de céramiques et de déchets métalliques dont 650 t déjà décontaminées [Andra 00]. Selon la Dam, le démantèlement devraient produire les déchets suivants: --Métaux non contaminés: aciers des structures, 15 000 t ; cuivre, 700 t. --Déchets destinés à l’Andra : 10 000 à 15 000 fûts de 200 l dont 5 000 fûts de déchets technologiques ; déchets de moins d’un Bq/g d’activité, 11 700 t --Barrières de diffusion (encore couvertes par le secret défense, elles devraient pour le moment rester sur place). [Bataille 97] Pourtant, d’autres déchets viendront inévitablement s’ajouter à cette liste, comme par exemple les effluents contaminés, qui ne sont pas mentionnés. II.B. Unité de récupération et d’élaboration des lingots d’uranium (URE) Objet : fabrication d’uranium métal ; traitement de déchets Installations : trois ateliers - métallurgie, récupération, décontamination Période d’exploitation : depuis 1966 Procédés : conversion par voie sèche ou par voie humide ; calciothermie ou magnésiothermie Matières premières : UF6 hautement enrichi ; déchets L’URE a pour missions, l’élaboration d’uranium métallique à partir d'UF6 et " la purification et le recyclage de l’uranium présent dans divers composés uranifères ou provenant des matières traitées dans les différents Ateliers de l’URE." A l'origine, l’usine transformait en métal de l’UF6 provenant de l’usine "militaire" d’enrichissement et fabriquait des lingots d’uranium hautement enrichi pour les armées [Cogéma 94b]. L’usine est constituée de plusieurs ateliers, chacun réalisant des fonctions spécifiques, exploités indépendamment les unes des autres, et comportant un certain nombre d’unités autonomes. --Fonction d’élaboration : l’élaboration de l’uranium métal et la transformation de divers composés uranifères en vue du recyclage de l’uranium sont réalisées dans trois ateliers. --Fonction recyclage : dans l’Atelier de démontage rouge (ADR) et l’Atelier de traitement et de récupération (ATR) l’uranium est récupéré à partir d’unités de trempage, de dégraissage, et de traitements spécifiques [CogDem 01]. En 1999 un exposé sur le risque de criticité sur le site de Tricastin a mis en évidence que ce risque concerne principalement l’URE, " dans laquelle de l’Uranium enrichi à 20 % est manipulé dans des réacteurs de recherche." (Il est probable que l’expression exacte serait " pour des réacteurs " et non " dans des réacteurs ") [CIGEET 23.xii.99]. La demande de Cogéma d’une autorisation de rejets gazeux et liquides, datée de mars 2001, signale que " Dans un proche avenir (d’ici à deux ans), il doit être confié à l’URE des missions nouvelles de recyclage de combustibles très enrichis. Dans ce cas, l’URE sera donc amené à rejeter, en plus des effluents actuels, de nouveaux effluents dont les caractéristiques attendues sont actuellement les suivantes : 0,3 GBq/an pour l’uranium et ses descendants, 0,02 GBq/an pour le thorium et ses descendants ". " Le rejet en fluorure de l’année 1999 a été plus important que les années précédentes en raison du démarrage d’un programme de récupération d’uranium par dissolution total des fluorines stockées à l'URE depuis les années 80. A l’horizon 2003, ce rejet devrait revenir à un niveau comparable à ceux d’avant 1999. " L’URE a rejeté 1 555 kg de Fluorure en 1999, et 708 kg en 1998 [CogDem 01]. II.C. TU2 Objet : transformation de nitrate d’uranyle en UO2 pour combustible et en U308 pour stockage Période d’exploitation : depuis 1986, au niveau industriel. L’installation a été construite en 1979-80 Procédé : par voie humide (DUA), modifié Matières premières : uranium enrichi à moins de 1,4 %, y compris naturel et URT Capacité nominale : entre 600 et 800 t/an d’uranium Production réelle : en 1999, 130 t d’UO2 d'uranium appauvri et 70 t d U3O8 d’uranium de retraitement (URT) L’atelier TU2 transforme le nitrate d’uranyle de retraitement en U3O8 pour l’entreposage. Elle transforme également le nitrate d’uranyle appauvri ou naturel en UO2 pour la fabrication de Mox au CFCa et à Melox. Le nitrate d’uranyle est dilué dans de l’eau désionisée et mélangé à de l’ammoniaque. Le diuranate d’ammonium (DUA) ainsi produit est partiellement séparé de la phase liquide, séché, et envoyé dans un four de calcination où il est transformé en U3O8. L’U3O8 est ensuite réduit pour obtenir l’UO2. TU2 reçoit de l’uranium de retraitement en provenance de La Hague depuis 1986. TU2 reçoit l’uranium appauvri pour le Mox en provenance de l’usine de Comurhex à Malvési. (L'usine W transforme l’uranium appauvri provenant d’Eurodif en U3O8. La Comurhex transforme une partie de cet U3O8 en nitrate d’uranyle à Malvési pour l’expédition vers TU2 [Bladier 01]). II.D. TU3-à l’arret Cogéma a mentionné cet atelier pour la transformation de l’UF6 en UF4 dans une brochure de 1991, mais il a été mis à l’arrêt avant 1993 ou au cours de cette même année [Cogéma 91b ; Bonnefoy-Claudet 93]. La capacité nominale de TU3 était de 600 t/an d’uranium. L’atelier a fourni l’UF4 qui a permis la production de “ l’uranium métal [appauvri], recherché pour les applications non nucléaires en raison de sa très forte densité ” [Cogéma 91b]. II.E. Usine W Objet : transformation de l’UF6 appauvri en U308 à stocker et en HF à vendre Période d’exploitation : depuis 1984 (une deuxième partie, quelque fois dénommée usine W2, a été mise en service en 1992) Matière première : UF6 appauvri provenant d’Eurodif et, en 2008 au moins, d'Urenco Capacité nominale : depuis fin 1992, 17 700 t/an d’oxyde d’uranium et 20 000 t/an d’acide fluorhydrique Production réelle : en 2007, 6 393 t d’U3O8; en 2008, 12,889 t d'U3O8 (en tU) (en 1999, 13 312 t d’U3O8 et 9 135 t d’acide fluorhydrique)
L'installation a toujours reçu de l'UF6 appauvri provenant d'Eurodif. En 2008, elle a également reçu de l'UF6 appauvri provenant d'Urenco. La production et le conditionnement de l’U308 sont assurés dans deux bâtiments distincts, le bâtiment initial et un nouveau bâtiment. Chacun contient deux lignes de traitement. A la mi-1999, l’Usine W avait déjà traité environ 195 000 t d’UF6 [NucE v-vi.99]. Une partie de l’U308 est entreposée sur le Parc P19 (ci-dessous) ; une autre partie hors de Pierrelatte (voir Bessines). Au total, 115 461 t d’U308 étaient entreposées à Pierrelatte en 2002 [DSIN 02]. L’usine produit environ 20 000 t/an d’acide hydrofluorique à 70 % [Cogéma (92??)], " légèrement " contaminé en uranium. PROCÉDÉ Le procédé comporte les étapes suivantes : --la vaporisation de l’UF6 ; --l’hydrolyse de l’UF6 en présence de vapeur d’eau à 250°C pour produire du fluorure d’uranyle UO2F2 solide et de l’acide fluorhydrique HF sous forme de gaz ; --la pyrohydrolyse du fluorure d’uranyle en présence de vapeur d’eau à 750°C et d’hydrogène pour produire de l’U308, de l’HF et de la vapeur d’eau ; --la densification et le conditionnement de l’U308. Des conteneurs métalliques cubiques, d’une capacité de 3 200 l, constituent l’emballage [Cogéma 94a]. EFFLUENTS Les rejets fluorés de l’Etablissement Cogéma sont liés principalement à l’usine W. En 1987, ils représentaient 23 kg de fluorure d’hydrogène, mais ils ont diminué et ne représentaient plus en 1998 qu'une centaine de grammes [HC 98]. II.F. Le Parc d’entreposage P19 Situé sur deux zones au sud de l’usine basse d’enrichissement, le parc est constitué de sept bâtiments dont la capacité totale s’élève à 159 000 t d’U308 contenant 134 835 t d’uranium. L’arrêté préfectoral du 16 mars 1995 autorise l’entreposage de l’uranium qui provient “exclusivement de l’usine W, ” mais qui peut contenir 0,01 % maximum d’U236. Autrement dit, l’UF6 naturel appauvri peut être contaminé par l’UF6 retraité. II.G. Unité KF Destinée à la production de fluorure de potassium anhydre, cette unité a été mise en service en 1989. La matière première consiste en 5 000 t/an d’HF provenant de l’usine W. II.H. TU5 Objet : transformation de nitrate d’uranyle en U308 pour le stockage et en UF4 pour le combustible Période d’exploitation : depuis 1996 Matières premières : nitrate d’uranyle provenant de La Hague et, en 2008 au moins, de Marcoule; acide fluorhydrique provenant de l’usine W Capacité nominale : 2000 t/an d’uranium Production réelle: en 2007, 1 097 t d’U308; en 2008, 1 365 t d'U3O8 II.H.1. LES PROCEDES qui comprennent les étapes suivantes : Ilscomprennent les étapes suivantes : --Production d’UF4 : réduction du nitrate d’uranyle par de l'hydrogène dans des réacteurs à catalyseurs au platine ; création d’UF4 hydraté par combinaison de nitrate uraneux , d’HF et d’eau ; filtration, lavage et séchage ; déshydratation et décomposition thermique sous HF anhydre à 500 degrés C ; [[nitrate uraneux dans la source—U(NO3)4]] --Production d’U308 : précipitation de l’UNH par du peroxyde d’hydrogène pour créer l’UO4 hydraté ; filtration, lavage et séchage ; déshydratation et décomposition thermique à 700 degrés C. La teneur en U 235 doit être inférieure ou égale à 1,2 % pour la fabrication de l’UF4 et inférieure ou égale à 1,0 % pour la fabrication de l’U308. Selon la Cogéma, le fonctionnement normal, quelle que soit la voie, se situerait à un enrichissement de 1 % ou moins [Cogéma 92a]. TU5 n’a pas atteint l’objectif de 1400 t/an de nitrate d’uranyle traité en raison de l'obturation répétée du sécheur. Cogéma a résolu le problème en modifiant les temps d’essorage en amont du sécheur [DSIN 00]. Fin de 2006, la configuration technique de l'installation ne lui permettait pas de produire d'UF4 [ASN 06]. II.H.2. AUTORISATION DE REJETSL’installation TU5 est soumise à une autorisation annuelle de rejets gazeux radioactifs de 100 MBq pour les isotopes de l’uranium et 250 MBq pour les autres radioéléments, dont 40 MBq pour les émetteurs alpha autres que l’uranium; et à une autorisation de rejets chimiques de 150 mg/m3 de NOx (NO et NO2) [HC 98]. Elle est soumise à une autorisation annuelle de rejets liquides de 900 MBq pour les isotopes de l’uranium, 800 MBq pour les émetteurs alpha autres que les isotopes de l’uranium, et 400 GBq pour l’ensemble des autres radioéléments [JO 11.xi.95]. II.H.3. EFFLUENTS GAZEUX :--Effluents hydrogénés issus des séparateurs en aval de la réduction catalytique, voie UF4. Ils sont traités dans une colonne de lavage et les gaz sont ensuite rejetés. --Effluents de procédé. Ils sont lavés, chauffés et filtrés par deux étages de filtration " très haute efficacité " en série. Les teneurs en uranium, en fluorures et en oxyde d’azote sont mesurées avant leur rejet. Les documents dont nous disposons ne chiffrent pas l’efficacité du système de filtration. II.H.4. EFFLUENTS LIQUIDESIl s’agit des effluents issus pour la plupart des eaux-mères de la filtration. Selon la demande d’autorisation de modification de l’INB, les eaux-mères seraient envoyées dans plusieurs colonnes à distiller. Tous les effluents liquides, comprenant les effluents aqueux provenant du traitement par distillation et composés essentiellement d’eau, d’uranium, de nitrates et de " traces " de produits de fission, seraient envoyés vers la Stel, où ils seraient traités et rejetés [Cogéma 92a]. Cependant, l’arrêté de novembre 1995 autorisant le rejet des effluents actifs, prévoyait que certains effluents seraient dirigés vers l’établissement Cogéma de La Hague pendant une période de trois ans [Con xii.97]. En 1999, la DSIN a autorisé l’installation TU5 à mettre en service une installation de traitement des effluents uranifères auparavant transférés à La Hague [DSIN 99]. II.H.5. DECHETS SOLIDESIl s’agit de déchets technologiques et de matières uranifères piégées dans les filtres. II.H.6. STOCKAGE DES PRODUITSL’installation TU5 peut utiliser les parcs P9 et P18, dont la capacité totale est de moins de cinq ans de production de l’usine, soit moins de 10 000 t d’uranium (voir ci-dessous). Parc d’entreposage P9 Le parc, qui existait déjà en 1992, est situé au sud-est de l’usine W et à coté de la Stel. Le parc est “associé à l’usine W,” mais peut entreposer des produits en provenance de l’installation TU5 [Cogéma 92??]. Parc d’entreposage P18 Le parc, qui est situé sur un terrain proche de la route qui longe le site à l’est, est constitué de cinq bâtiments. Une double rangée de 3 hauteurs de cubes d’U308 produits par l’usine W est disposée dans chaque bâtiment en périphérie du stockage-- au total, 17,749 t d’uranium naturel, soit 20 880 t d’U3O8 [Cogéma 92a]. Une butte de terre autour de l’ensemble du stockage en atténue également le rayonnement [Cogéma 92a]. La capacité est limitée à 7 360 t, soit en UF4 soit en U308, en provenance de TU5 [JO 24.ix.94]. II.I. Parc d’entreposage P40-en projet Selon la DSIN, “un projet de création d’un parc P40, pour l’entreposage de matières civiles actuellement présentes sur les parcs de l’INBS, est en cours d’étude par Cogéma” [DSIN 99]. II.J. L’atelier de “transfert-échantillonnage” de l’hexafluorure d’uranium (TE) L’atelier a pour mission d’effectuer : --des contrôles par prélèvement dans des conteneurs d'UF6 ; --des ajustements isotopiques de l’UF6 dans des conteneurs pour répondre aux spécifications des clients ; --des transferts d’UF6 d’un conteneur à un autre ; --des interventions sur des emballages [CogDem 01]. L’atelier TE comprend un bâtiment de transfert, un bâtiment d'échantillonnage, une zone de stockage des conteneurs à traiter, et une zone de stockage des conteneurs traités en attente d’expédition [CogDem 01]. (Le conteneur 48Y pour l’UF6 naturel ou enrichi à moins de 1 % contient 12,3 t d’UF6 ; le conteneur 30B pour l’UF6 enrichi à environ 3,5 % contient 2,2 t d’UF6.) L’uranium traité peut être à tous les enrichissements et peut être de l’uranium naturel, appauvri, ou retraité. II.K. Les ateliers d’entretien et de maintenance Les Ateliers constituent un ensemble de différentes unités qui a pour mission : la décontamination de matériels par aspiration ou par dissolution (trempage) ; la réparation des matériels du point de vue de la qualité de surface ; le reconditionnement des matériels ; et la maintenance des matériels électriques et électroniques : Atelier de Démontage Rouge (ADR)—ateliers d’entretien des groupes de diffusion gazeuse ; Atelier de Maintenance des Conteneurs (AMC). Cet atelier comprend des parcs de stockage amont et aval (extérieurs). Elle ne reçoit que l’uranium à moins de 5 % en uranium 235. Atelier de Décontamination (ATDI). En 1998, cet atelier était en cours de réaménagement afin qu’il puisse être utilisé pour le démantèlement et la décontamination des groupes de diffusion des usines "militaires" d’enrichissement ; Atelier de Traitement de Surface (ATS) Cet atelier était utilisé dans le passé pour le chromage de pièces métalliques. Il a été réaménagé et sera utilisé pour le démantèlement et la décontamination des groupes de diffusion des usines "militaires" d’enrichissement ; Atelier de Mécanique et de Montage (AMM) ; Atelier d’Electronique, Mesure, Informatique (EMI) [HC 98 ; CogDem 01]. La demande d’autorisation de rejets de Cogéma signale que les rejets gazeux des ateliers de maintenance et également du laboratoire principal ne sont pas surveillés. " Il est prévu ‘de mettre en place une mesure d’activité des effluents gazeux’ " [Faivet 01]. II.L. Installations techniques de soutien Ces installations comprennent les unités qui suivent : II.L.1. Le laboratoire d’analyses chimiques, dit laboratoire principal (LB)II.L.2. Des parcs de stockage des matières uranifèresL’établissement de Cogéma dispose de 13 parcs de stockage dépendant de l’INBS, dont quatre à ciel ouverts et neuf couverts [CogDem 01]. II.L.3. Station de traitement des effluents chimiques (Stec)Une seule station, exploitée par la Cogéma, traite les effluents du CEA Valrho, de la Comurhex et de la Cogéma soit 15 000 à 20 000 m3 par an. Les effluents sont envoyés par camion citerne ou au moyen de canalisations à la Stec, qui est située au sud-est de l’INBS. Les effluents subissent " un traitement consistant essentiellement en une neutralisation et une dilution." Les rejets sont effectués en discontinu,, dans le canal de Donzère Mondragon, après avoir été contrôlés [HC 98 ; CogDem 01]. La Stec comprend cinq bassins de stockage/neutralisation dont un bassin de 400 m3 en acier inox destiné aux effluents de TU5 ; deux cuves de stockage pour les effluents douteux ; deux bassins de pré-dilution ; et quatre cuves de stockage de produits chimiques [CogDem 01]. Les boues de la Stec sont séchées, mises en fûts, et expédiées à l’Andra. Leur volume n’est que d’environ 2 m3/an [HC 98]. Un plan montre une " ancienne gravière comblée par le rejet de boues," près de la Stec [Cogéma 89]. Il est probable que les boues provenaient d’un traitement d’effluents effectué dans le passé. II.L.4. Station de traitement des déchets (STD)La station est située au sud-ouest de l’INBS. La Station assure la collecte des déchets solides contaminés et des liquides aqueux ou organiques (sauf les effluents liquides qui relèvent de la Stec), le traitement, le conditionnement, la gestion, et l’évacuation de ces déchets. Le Dossier de Demande d’Autorisation des Rejets n’indique pas les types de traitement mis en œuvre. II.L.5 . Station de traitement [brûlage] des huiles et solvants (BHS)—à l’arrêtCette installation est intégrée à la STD et se trouve dans la zone Est de la STD. Elle est " à l’arrêt depuis avril 1993 ; elle peut cependant être remise en fonctionnement dans l’avenir " [CogDem 01]. La station a pour mission le brûlage en chaudière des huiles et solvants contaminés produits par l’établissement. L’unité de brûlage comprend un brûleur type pulvérisateur mécanique ; l’unité de traitement des gaz et des fumées est constituée d’un dépoussiéreur, un système de lavage des gaz, une unité de filtration, et une cheminée de rejet à 10 m de hauteur [CogDem 01]. II.L.6. Station de Destruction des Récipients et Produits Dangereux (SDRPD) La SDRPD a pour mission " la destruction des récipients et produits dangereux (mélanges UF6 – ClF3 et leurs produits de décomposition dans des récipients de volume de plus d’un litre) ; elle est composée d’un système de destruction (sphère) et d’un dispositif de piégeage des gaz (hotte, hydroéjecteur) " [CogDem 01]. II.L.7. Station de Produits Inflammables et Dangereux (SPID) Le stockage de produits chimiques au niveau de l’INBS est constitué de cinq bâtiments couverts, d’un parc extérieur, et d’une aire de déchargement. (De plus, chaque installation a un stock minimum de produits chimiques pour une utilisation immédiate). La ventilation des bâtiments s'opère par convection naturelle, sauf celle du bâtiment 2, qui entrepose, white spirit, alcools, cyclohéxane, matières toxiques et " particulièrement inflammables et dangereuses, ", carburants, ammoniaques …. Les matières entreposées dans les bâtiments 1, 3, 4, et 5 comprennent acide fluorhydrique, acides sulfurique, chlorhydrique, et acétique, perchloréthylène, trichloréthylène, et TBP [CogDem 01]. II.L.8 Stockage de ClF3 Le stockage de ClF3, pour Eurodif, est constitué de bouteilles de 500 kg dans un bâtiment au sud de l’Etablissement [CogDem 01]. II.M. Déchets II.M.1. EFFLUENTS GAZEUX En 1982, Cogéma Pierrelatte a déposé une demande d’autorisation de rejets gazeux qui, " pour des questions de procédures administratives," n’a pas abouti. Néanmoins, les limites ont été fixées sur les bases de cette demande, notifiées par le SCPRI— soit 300 MBq/an pour les isotopes de l’uranium et 70 MBq/an pour les autres radionucléides sauf le plutonium [HC 98]. En 1997, la Cogéma a déposé une nouvelle demande pour les effluents gazeux et liquides, afin qu’elle soient conformes au décret 95-450 du 4 mai 1995. Les rejets de l’INBS seront instruits sous l’autorité du Haut Commissaire à l’Energie Atomique [Cogémag iv, v, vi 98]. Une enquête publique se déroule en 2001. Depuis sa mise en service, l’installation civile TU5 est soumise à une autorisation qui lui est spécifique. Avant la mise en service de l’installation TU5, les rejets gazeux radioactifs de la Cogéma étaient pour l’essentiel ceux des INBS - soit en moyenne quelques 10 MBq/an, constitués pour partie d'activité alpha et pour partie d'activité bêta. Les rejets sont en diminution. En 1996, les rejets radioactifs gazeux de la Cogéma s’élevaient à 4,2 MBq d’uranium et 1,3 MBq en activité bêta [HC 98]. (Les chiffres que nous avons trouvé pour 1999 ne s’accordent pas bien les uns aux autres.) Les rejets gazeux chimiques de Cogéma comprennent surtout les fluorures, liés principalement à l’Usine W (voir ci-dessus), et les vapeurs nitreuses provenant de l’installation TU5 [HC 98]. II.M.2. EFFLUENTS LIQUIDES Les normes pour les effluents liquides de Cogéma (et des effluents des autres sociétés qui passent par la Stec de Cogéma) proviennent d’un arrêté préfectoral du 24 juin 1966 (sur la base duquel la Cogéma a retenu une limite de 1 mg/l pour la concentration en uranium), des études de toxicité effectuées par la Cogéma, et d’un arrêté du 26 septembre 1985 relatif aux installations de traitement de surface. En 1997, la Cogéma, la Comurhex, et le CEA Valrho ont demandé des autorisations de rejets pour leurs installations respectives. En 1999, la Stec a rejeté des effluents représentant au total 14,35 GBq d'activité alpha et 5,88 GBq d’activité bêta. Les effluents, qui provenaient de la Cogéma, de la Comurhex et du CEA, contenaient 205 kg d’uranium, 111 g de mercure, 2611 kg de fluorures, 3125 kg d’ammonium, 3125 kg d’ammonium, et 119,6 t de nitrate (y compris TU5) [CogCP (00)]. La Cogéma est à l’origine des émissions alpha les plus importantes du site. [HC 98]. II.M.3. DECHETS SOLIDESII.M.3.a. Déchets enfouisIl s’agit de 15 000 m3 de déchets, enfouis dans une butte de terre d’une superficie de 27 000 m2, située au nord-est de l’INBS, en face du canal. Ils ont été enfouis entre 1969 et 1976 de manière plus ou moins ordonnée. La butte en question est maintenant recouverte de végétation. Elle contient : --760 t de barrières de diffusion de l’usine d’enrichissement "militaire," contenant de l’uranium dont la teneur varie entre 0.6 et 3.5% d’uranium 235; --14,000 m3 de fluorines (CaF2) provenant de Comurhex; --55 m3 de boues insolubles provenant de la Stec et contenant du chrome trivalent ; --46 m3 de filtres contenant moins de 1 kg d’uranium au total. Entre 2,6 et 3,5 t d’uranium auraient été présentes initialement dans ces déchets, pour moitié dans les fluorines et dans les barrières de diffusion. En 1977, les autorités ont découvert que la butte avait contaminé la nappe, puisque la Gaffière, un ruisseau qui coule au travers du site, et un puits appartenant à la Comurhex, présentaient des teneurs anormalement élevées en uranium et en ions fluorures. Dès 1980, les niveaux d’uranium et de fluorine avaient atteint 1 mg/l dans le puits et 50 microgrammes/l dans la Gaffière. Une pompe a alors été mise en place à la Comurhex (au puits P15) afin d’en extraire l’eau contaminée et de la rejeter dans le canal (via le réseau pluvial de l’établissement). En 1995, les teneurs en uranium dans les eaux d’exhaure étaient passées à 9 microgrammes/l, grâce à l’utilisation des tuyauteries de rejets des eaux pluviales de l’établissement. En 1997 et 1998, à la demande du Haut-Commissaire à l’énergie atomique, Cogéma a fait réaliser une étude de caractérisation des matières résiduelles de la butte ainsi qu’une étude hydrogéologique. L’étude a abouti, entre autres, aux conclusions suivantes : 900 kg d’uranium auraient quitté la butte via les eaux souterraines; les 1700 kg qui restaient ne serait pas lixiviables ; l'activité de pompage au puits P15 du site de Comurhex aurait diminué la teneur d’uranium dans la nappe. Pourtant, l’étude insista également sur l’importance d’études complémentaires qui devraient être menées afin de déterminer l’origine du niveau d’uranium restant dans les eaux souterraines. En effet, cette teneur en uranium était de l’ordre de dix microgrammes par litre à proximité de l’établissement Comurhex au lieu d’un microgramme par litre à l’état naturel, et pourrait provenir de la butte ou du bâtiment de la Comurhex lui-même [Con viii.99]. Cogéma estimait non-justifiée l’excavation des matériaux enfouis ; mais elle étudiait les dispositions suivantes :couverture de la butte et stabilisation mécanique des secteurs contenant les barrières de diffusion [HC 98]. II.M.3.b. Autres déchetsL’inventaire 2000 de l’Andra énumère des déchets divers entreposés sur le site de Cogéma. Ils sont pour la plupart contaminés par de l’uranium et représentent au total environ 9 GBq d’activité. Les déchets FBFC, Comurhex, et CEA Valrho sont en attente de conditionnement par Cogéma avant livraison à l’Andra. |
|||
| --actualisé 19 juillet 2008 | |||
| Copyright © Yggdrasil 2001-2008 |