RHÔNE-ALPES TRICASTIN/PIERRELATTE (DEVENUE FILIALE D'AREVA NC)Usine Georges Besse (Eurodif) Objet/type : usine “ civile ” d’enrichissement de l’uranium Période d’exploitation : depuis 1979 Procédé : diffusion gazeuse Matières premières : UF6 en provenance de Comurhex Capacité nominale : 10,8 millions d’unités de travail de séparation (UTS) ; pourrait alimenter en uranium enrichi 100 PWR de 900 MWe, presque deux fois le parc électronucléaire d’EDF Production : en 2003, 10,6 millions d'UTS; en 2005, 10,4 millions d'UTS; en 2008, 2232 t d'uranium enrichi (16,975 t d'uranium appauvri) " La puissance de l’usine est modulée selon la saison " [CIGEET, 30.vi.99]. On peut supposer que cela signifie que l’usine ne fonctionne à haut rendement que quand le prix de l’électricité est bas.L’installation a été mise en service industriel en juin 1982. A cette époque, Eurodif prévoyait que les usines seraient opérationnelles jusqu’en l’an 2000. Cependant, pour prolonger la durée de vie de l’installation, de nombreuses améliorations ont été réalisées pendant les années 90. Depuis 1999 l’usine Eurodif a fait l’objet d’une réévaluation de sûreté. Suite à l’examen de la réévaluation par le Groupe permanent d’experts pour les laboratoires et usines le 25 décembre 2000, la DSIN a formulé quelques demandes : la transmission de dossiers en ce qui concerne le risque de criticité, la tenue au séisme de l’installation, et les situations accidentelles (chute d’aéronef et fuite d’UF6 liquide). La DSIN " a approuvé les dernières versions des rapports de sûreté et des règles d’exploitation sous réserve de modifications à apporter dans un délai de deux ans " [DSIN 00]. L’arrêt de l’usine de diffusion gazeuse est prévu pour 2012-14. L'usine Eurodif sera remplacéé par une nouvelle usine Georges Besse II, une usine de centrifugation. Georges Besse II devrait entrer en service en 2009 à une capacité réduite. La capacité nominale de 7,5 millions d'UTS devrait atteinte en 2016. La construction de Georges Besse II a commencé en mi-2006 [NucF 22.x.07; Neely 08]. V.A. INFRASTRUCTURES La cascade 1 400 étages sont répartis en 70 groupes de 20 étages. Les 70 groupes sont disposés à l’intérieur de quatre bâtiments, reliés par des galeries techniques. Environ 2 000 t d’UF6 sont présentes sous forme gazeuse dans la cascade. Réception, expédition, contrôle (REC) Ce bâtiment assure la réception de l’UF6 à enrichir, le contrôle-qualité et l’adaptation isotopique des produits provenant de la cascade en passant par l’Annexe U et l’expédition de l’UF6 enrichi et appauvri. Annexe U Ce bâtiment assure les ‘entrées-sorties’ de la cascade : l’alimentation en UF6 naturel par le ventre, le soutirage de l’UF6 enrichi par la tête, le soutirage de l’UF6 appauvri par la queue et les purges des impuretés. L’annexe est située en face des bâtiments principaux auxquels elle est reliée par une galerie technique. Parcs de stockage de conteneurs UF6 Le stockage possède une capacité autorisée d’au moins 111 000 t. En 1990, en échange d’une extension de son autorisation, Eurodif a confirmé son engagement " de réduire la quantité totale d’hexafluorure d’uranium entreposée à partir de 1993 afin de ramener la capacité à 50 000 t en 2005 et à la résorber complètement à la fin de l’exploitation de l’usine " [DSIN 90]. Eurodif a demandé une augmentation à 120 000 t en 1991, semble-t-il et la DSIN lui a demandé de justifier ses engagements [DSIN 91]. V.B. EFFLUENTS ATMOSPHÉRIQUES L’air issu de la ventilation de la cascade est directement rejeté en70 points. L’air de ventilation est contrôlé car il existe un risque de relâchement d’UO2F2 en situation accidentelle.. Les impuretés gazeuses, légères, s’enrichissent (de la même manière que l’U235) dans la cascade. Lors d’une purge de cascade, les gaz tels quels l’HF, le ClF3 et d’autres composés du fluor, les vapeurs des matières réfrigérantes et les composés d’uranium sont rejetés. A l’Eurodif, les effluents gazeux du procédé sont expédiés et traités avant rejet " dans l’annexe U sur une colonne de lavage comprenant un filtre électrostatique ainsi qu’un rinçage au carbonate de potassium." En 1999, l’usine a rejeté 3,2 kg de l’uranium, 1,5 kg de chlorures, et 0,6 kg de fluorures. L’activité totale rejetée était de 0,17 GBq, selon l’Eurodif [Eurodif 00]. V.C. EFFLUENTS LIQUIDES Une centrale calorifique d’Eurodif brûle les huiles contaminées. D’autres liquides contaminés sont traités par l’établissement Socatri (Con ix.00). Le traitement des gaz purgés et des produits utilisés dans l’usine--par exemple, la destruction des résidus fluorés--produit des effluents liquides. Tous les effluents uranifères sont envoyés par transport routier interne vers une station de traitement à Socatri. Les effluents y sont traités par précipitation des radioéléments, ce qui donne lieu au rejet d'un liquide dans le canal de Donzère-Mondragon (voir Socatri sous Provence). Selon l’Eurodif, les rejets dans les eaux superficielles en 1999 contenaient 0,2 kg de l’uranium (0,007 GBq) [Eurodif 00] . V.D. DÉCHETS SOLIDES Les déchets solides comprennent : --boues produites par les activités ci-dessus ; --boues non-actives produites par le traitement de l’eau de refroidissement avant utilisation. [DauLib 25.vii.85] ; --pièces usées y compris les barrières de diffusion ; --uranium appauvri--déchet ou produit réutilisable, selon les points de vue. Il faut 159 t d’uranium sous forme d'UF6 pour produire 135 t d’uranium appauvri et 24 t d’uranium enrichi à 3,25 % en uranium 235, soit une recharge annuelle du tiers du cœur d’un réacteur PWR de 900 MWe [Birraux 94]. Autres problèmes Consommation d’énergie. En 1999 Eurodif a consommé 14 900 000 000 kWh d’électricité et 40 850 000 kWh de gaz industriel (équivalent puissance) [Groupe 00]. A sa capacité nominale, Eurodif exige une puissance de 3 000 MWe. Les quatre réacteurs de Tricastin cumulent 3 760 MWe à pleine capacité. Consommation d’eau. Eurodif consomme 21 millions de m3 d’eau industrielle par an. Elle pompe l’eau du canal de Donzère-Mondragon. Environ un quart de cette eau est rejeté dans le canal ; les trois quarts restant sont rejetés par les tours de refroidissement [Groupe 00]. Enrichissement de l’uranium retraité. Au début des années 90, Eurodif a effectué des expériences d’enrichissement avec de l’uranium de retraitement (URT). L’utilisation d'URT aurait provoqué des difficultés supplémentaires dans les opérations de maintenance, de décontamination et de rejet d’effluents, en raison de l’activité en neptunium, plutonium et technétium [Gresley 94]. Dans une usine de diffusion gazeuse une grande partie du technétium reste fixée aux tuyaux [Resnikoff 93] tandis que le thallium 228 s’accumule dans les diffuseurs [Baetslé 94]. Des indices de pollution des eaux souterraines par du tétrachloréthylène ont été détecté à Eurodif, selon le GTCRCS [HC 98]. La présence de bore et d’ammoniaque a également été décelée [DSIN 00]. --actualisé 09/13/06 Copyright © 2001-2007 Yggdrasil; Copyright © 2008 EcoPerspectives |