La France nucléaire: matières et sites

Mary Byrd Davis

 
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RHÔNE-ALPES

TRICASTIN/PIERRELATTE

VIII. PROBLÈMES CONCERNANT LE SITE DE TRICASTIN EN GÉNÉRAL

VIII.A. Le terrain

Les installations sont implantées sur un terrain marécageux qui a nécessité d’importants aménagements dont le décapage du sol sur une profondeur moyenne de 25 cm pour supprimer la couche de terre végétale et de limon ainsi que la construction d’une plate-forme d’environ 200 ha.

Une nappe alluviale au-dessous du site est alimentée principalement par le canal de Donzère-Mondragon et par les précipitations et elle est drainée par le Rhône et la Gaffière, une rivière qui traverse le site. Comme les précipitations naturelles, les fuites de liquides et les eaux contaminées peuvent atteindre la nappe alluviale et donc la Gaffière et le Rhône. Le canal de Donzère-Mondragon reçoit au moins une partie des rejets liquides.

VIII.B. Dépots d’origine atmosphérique

Selon le Groupe de Travail, au droit et aux abords immédiats du site du Tricastin, la principale contamination mise en évidence est les dépôts solides liés aux rejets d’uranium et de fluorures par voie gazeuse, provenante de la Cogéma, l’Eurodif, et la Comurhex. Sur le site les valeurs typiques sont de l’ordre de la centaine de microgrammes par m2 et par an en uranium (en 1995 les valeurs maximales étaient 3000 microgrammes/m2 au sud-est de Comurhex) et de la centaine de milligrammes par m2 et par an en fluorures (en 1995 les valeus maximales étaient 650 mg/m2 au sud de l’Usine W). La pluie lixivie rapidement ces dépots. L’uranium et les fluorures entrent dans les eaux de surface ou souterraines où ils ne sont pas décelable en raison des débits élevés.

Des points sensibles à l’égard de l’irradiation externe se trouvaient en 1995

--à l’intérieur du site, en bordure de l’établissement Comurhex, 29 mGy;

--un site au sud de l’établissement Eurodif sur la voie publique, en bordure du parc de conteneurs d’Eurodif, 0,5 microGy/h [HC 98, p. 13/18].

VIII.C. Eaux souterraines

En raison de quelques indications de pollution des eaux souterraines (par l’uranium et les fluorures en aval de Comurhex, par le chrome à Socatri, par le tétrachloréthylène à Comurhex) les exploitants ont décidé de lancer une étude hydrogéologique de l’ensemble du site, complétée par une étude des polluants radioactifs et chimiques et de leur migration [HC 98].

En 1999, la DSIN a demandé aux exploitants une étude des sols (activités exercées sur le site et prélèvements). Un premier bilan a été remis à la DSIN en 2000. Cette étude a permis d’améliorer la surveillance de la nappe par l’adjonction de nouveaux piézomètres. " Aucune anomalie n’a été constatée sur les eaux de surface ou dans le sol. En revanche, des anomalies ont été constatées dans les eaux souterraines, mais les teneurs en polluants restent " globalement au-dessous des limites de potabilité ..." Les principales anomalies portent sur 1) la contamination par du nickel et du chrome hexavalent du sous-sol du site de Socrati; 2)" la présence de fluor et d’uranium, localisée au nord du site" ; 3) "la présence de bore et d’ammoniaque sous le périmètre de l’usine Eurodif." Les investigations se poursuivaient en 2000 [DSIN 00].

                                                                                                 --actualisé 24/8/01